« Je fais ma blonde ! »
Que peut signifier « une blonde » ? Une bière sans arôme précis, plutôt légère, voir fade. Ou encore une personne de sexe féminin, ayant entre autres caractéristiques, une absence totale ou partielle d'intelligence, un imaginaire peuplé de strings minimalistes, une poitrine avoisinant les 200 et des lèvres ayant rencontrées des portes de placards. Chimères générées par le croisement d'une rétine de mâle et d'une chevelure de femelle claire. Cette machine à fantasme est alimentée par moult blagues sexistes, au capital spirituel d'un goût variable, allant du douteux aux graveleux.
Si vous passez les frontières vous remarquerez que les blagues sur les blondes sont internationales. Tout comme le sexisme dont elles se nourrissent, focalisant sur une sous-catégorie pléthore de stéréotypes : la femme-enfant, catégorie pas-finie ; la naïve, catégorie bécasse ; l'inconséquente, catégorie frivole ; la capricieuse, catégorie chiante, irrationnelle etc. Le seul dénominateur commun serait qu'il s'agisse de femmes dotées de la même couleur de cheveux?
Et bien non, même pas ! Le mot "blonde" est utilisé au Québec pour désigner « la femme ». C’est de là que vient l’expression « je fais ma blonde ». La blonde ne désigne pas une femme appartenant aux 10% de celles qui ont les cheveux blonds. A grand renfort de poncifs misogynes qui font échos aux comportements socialement acceptés que l'on ne prête qu'au genre féminin, les soi-disant blagues sur les blondes concernent toutes les femmes.
Monica Ly
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