Rien ne les arrête, pas même le respect le plus élémentaire. Aujourd’hui les Survivants ont sorti un site manipulation l’information sur l’IVG, comme à leur accoutumée, salissant par la même occasion la mémoire de Simone Veil et l’histoire de son combat.

Comme si leur mouvement et leur propagande (on se rappelle leurs dernières affiches dans le métro à Paris) n’étaient pas déjà une insulte aux 47 000 femmes qui meurent chaque année dans le monde des suites d’un avortement clandestin, comme à toutes celles qui risquent la prison dans bien trop de pays quand elles prennent cette décision. En France, les femmes ont le droit de disposer de leur propre corps ; même si (et on le déplore) 100 centres IVG ont fermé en 10 ans, même si des médecins refusent ou rechignent encore à nous aider à avorter.

Ce droit a été conquis depuis 1975, grâce à des femmes qui se sont battues pour nous, et notamment grâce à l’une d’entre elles, qui est montée à la tribune et a affronté pendant des mois les misogynes de tout un pays. Grâce à elle, la loi nous permet de choisir ce qu’on veut, pour nous-mêmes. Cette femme c’est Simone Veil.

Nous avons appris que Les Survivants ont acheté (depuis 2016 !) le nom de domaine https://simoneveil.com/. Ils l’utilisent désormais pour leur propagande anti-IVG. L’une des images partagées sur les réseaux sociaux est celle de leur site, ce portrait de Simone Veil a servi d’appât dans leur mécanisme de propagande malsaine. Les Survivants détournent impunément le combat de toute une vie, et abreuvent internet de leur récupération abjecte, le jour même de l’hommage national.

Leur ignominie n’a d’égale que notre écoeurement. Ce collectif rajoute l’indignité à leur combat contre les droits des femmes et les troubles réguliers à l’ordre public qu’il provoque.

Nous condamnons cet acte et demandons aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités : il est inadmissible qu’un mouvement anti-IVG récupère ainsi le nom d’une femme qui a précisément combattu ce genre de groupuscules sa vie durant. Les droits des femmes ne sont pas détournables, ils doivent être défendus, tout comme leur mémoire et celles de leurs combats.

Nous exigeons que les Survivants soient punis et empêchés dans leurs actions.
Ne serait-ce qu’en leur retirant le statut d’association d’intérêt général. Une loi étendant le délit d’entrave à l’IVG aux sites internet a justement été adoptée fin 2016 : elle doit également être appliquée à leurs actions. Il est temps que nous fassions cesser leurs manipulations et communications perverses.