La justice va-t-elle tolérer encore longtemps les affiches sexistes et violentes dans l’espace public ?!

Ménard, Maire de Béziers, multiplie les provocations par ses campagnes de communication et le Tribunal Administratif de Montpellier vient d’acter la  tolérance envers la violence symbolique sexiste dans l’espace public! Les associations féministes qui avaient porté l’affaire devant le Tribunal Administratif feront prochainement appel.

La Mairie de Béziers avait lancé, en 2017, plusieurs campagnes d’affichage pour signaler la diminution des dotations publiques aux communes, puis la difficulté pour Béziers d’obtenir une gare TGV. Après avoir instrumentalisé les migrant.e.s, ces campagnes de communication se sont attaquées aux femmes.

L’affiche incriminée montrait une femme ligotée sur une voie ferrée tandis qu’une locomotive à vapeur fonçait sur elle. Nous pouvions lire sur l’affiche : « Avec le TGV, elle aurait moins souffert ».

Le Collectif 13 Droits des Femmes, soutenu par le Collectif National pour les Droits des Femmes, Les Chiennes de Garde, Osez le Féminisme !, les Effronté-es et le mouvement Citoyennes Maintenant de Montpellier avaient déposé un référé liberté qui a conduit la mairie, par crainte de la sanction du juge,  à retirer les affiches à peine 48h après leur disposition dans l’espace public… le 6 novembre dernier l’affaire a été plaidée sur le fond .

Le jugement a été rendu le 20 Novembre et il établit que si ces affiches ont pu être perçues comme étant d’un humour douteux et provocateur (sic), elles ne contreviennent pas au principe d’égalité femmes-hommes et ne portent pas atteinte à la dignité humaine.

Faut-il rappeler qu’en France en 2017 comme en 2018, une femme meurt toujours tous les 3 jours dans le cadre des violences conjugales ?

Faut-il rappeler que quelques semaines plus tôt, la presse avait rapporté la mort d’une femme, ligotée sur les rails par son « compagnon » ?

Ces affiches placardées sur les murs de la ville de Béziers contribuent à banaliser la violence envers les femmes et ce n’est pas acceptable. L’analyse du Tribunal administratif s’inscrit à contrecourant de nos valeurs collectives comme et de la volonté publique qui clame vouloir renforcer les sanctions envers les violences sexistes.

En 2018 nous sommes encore confronté.e.s à une situation invraisemblable, où un organe de régulation privé tel que le Jury de Déontologie Publicitaire (JDP) procède à un encadrement plus protecteur des droits fondamentaux et se positionne bien plus clairement face au sexisme que le Tribunal Administratif de Montpellier. Nous continuerons à nous mobiliser pour que cela change, et que chacun.e puisse enfin jouir des tous ses droits, en bénéficiant d’un espace public libéré du sexisme !