La semaine dernière a été publiée au Journal officiel la nouvelle tarification des consultations de médecine généraliste. En plus de l’augmentation de la consultation simple, deux nouvelles catégories de prise en charge sont créées : les consultations très complexes à 60€ et les consultations complexes, à 46€, parmi lesquelles on trouve celles “(des) jeunes filles de 15 à 18 ans qui souhaitent obtenir une contraception ou une consultation de prévention contre les maladies sexuellement transmissibles”. Une augmentation de tarifs qui pénalise donc directement les femmes, en particulier les plus jeunes et les plus précaires. Quid d’un jeune homme qui souhaiterait une consultation de prévention et d’information ?!

Il est essentiel de rappeler que la prévention et la prescription de contraceptifs peuvent être assurées par des généralistes, souvent plus accessibles financièrement et avec lesquel.le.s il est plus aisé d’obtenir un rendez-vous. Si la reconnaissance de l’importance de cette mission médicale est fondamentale, Osez le féminisme ! s’inquiète toutefois de la barrière que peut représenter cette nouvelle tarification pour les jeunes femmes.

Nombreuses sont les femmes qui renoncent aux soins car elles ne peuvent avancer les frais de santé, et ce même avec les remboursements de la sécurité sociale. Une augmentation des tarifs, y compris lorsqu’elle est prise en charge, représente pour ces femmes un frein supplémentaire et une précarisation. En outre, l’impact de cette tarification risque de se ressentir au niveau des mutuelles, qui prévoient des augmentations en conséquence.

Au-delà de l’aspect économique, Osez le féminisme ! dénonce la marginalisation des femmes dans la médecine : ranger la contraception et les IST dans les consultations “complexes”, faire comme si ces consultations ne concernaient que les femmes, et leur appliquer une tarification spéciale, revient à dire que la santé des femmes est un sujet à part, un particularisme, presque une spécialité.

Il ne peut y avoir la médecine “généraliste” (comprendre “masculine”) d’un côté, et celle des femmes de l’autre. La médecine dite “familiale” doit prendre en compte les femmes, et les jeunes filles devraient se voir proposer systématiquement une consultation sur la contraception et la prévention. On ne peut pas avoir une médecine de la moitié de l’humanité uniquement !

Une santé accessible à tous et toutes doit être la préoccupation de nombreuses parties prenantes : médecins, patient.e.s, mutuelles, partenaires de la sécurité sociale, gouvernement… Nous leur demandons d’agir rapidement pour éviter les dégâts sur la santé des femmes que provoqueront sans doute cette mesure absurde.