(Mise à jour du 13 décembre). VICTOIRE : Les affiches vont être retirées ! Mais la lutte continue : le Collectif « Espace public sans sexisme » attaque Ménard en justice et ré-affirme ses revendications pour lutter contre le sexisme dans l’espace public. 

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Communiqué de presse du 12 décembre

Un collectif d’associations féministes « Espace public sans sexisme » créé le 12 septembre dernier et réunissant notamment Chiennes de Garde, Citoyennes maintenant, Collectif 13 pour les Droits des femmes, Collectif National pour les Droits des Femmes, Les effronté-e-s, Osez le Féminisme ! a introduit un référé liberté contre le maire de Béziers ce matin qui sera audiencé jeudi 14 à 11 heuresau Tribunal administratif de Montpellier. Ce recours vise à faire retirer en urgence la dernière campagne de communication du maire qui, une fois encore, par voie d’affichage, banalise et encourage les violences contre les femmes.

Alors que les violences sexistes et sexuelles soulèvent une vague de révolte internationale et que la lutte contre ces violences est la grande cause nationale du quinquennat, nous nous indignons contre les provocations à répétition de M. Ménard, Maire de Béziers.

Rappel des faits :

  • Août 2015 : M. Ménard affiche dans le journal municipal de Béziers une image de fessée administrée par un homme à une femme allongée sur ses genouxpour illustrer sa victoire contre la Ligue des Droits de l’Homme qui s’opposait à l’installation d’une crèche dans le hall de l’Hôtel-de-ville.
  • Mars 2017 : dans le journal municipal, la campagne d’information sur le ravalement de façades des bâtiments est illustrée par le dessin d’une femme, tête à l’envers, édentée, nez crochu, traits marqués. Comprendre : la ville de Béziers avant le ravalement de façades. La deuxième partie de l’iconographie montre la même femme après les «travaux», impeccablement coiffée, fraîche, pimpante et ultra sexualisée.
  • Septembre 2017 : une affiche dans la ville associe baisse de dotations de l’État et violences au sein du couple : un homme étrangle une femme. Un référé liberté puis suspension et une requête sur le fond avaient été déposés par le CNDF, le Collectif 13 pour les Droits des Femmes et Citoyennes Maintenant.
  • Enfin, décembre 2017 : à l’occasion d’une campagne de communication pour faire venir le TGV à Béziers, l’affiche placardée dans la ville montre une jeune femme, apeurée, ligotée sur des rails, une vieille locomotive à vapeur arrivant sur elle. Avec la légende : « Avec le TGV, elle aurait moins souffert ! » L’affiche fait référence à un féminicide de juin 2017. Un homme avait ligoté sa femme, avant de la jeter sur les rails du TGV Paris-Nantes.

Il est intolérable qu’une affiche de ce type puisse figurer sur les murs d’une ville, d’autant plus quand il s’agit d’une communication du maire 

Les associations féministes contre les violences faites aux femmes !

En 2016, 123 femmes sont mortes sous les coups d’un homme. Les féminicides sont encore nombreux dans notre pays.

Nous refusons qu’une institution publique utilise les violences masculines contre les femmes comme outil de communication. Ces images ont des conséquences dramatiques : en banalisant les violences, elles ancrent un peu plus dans la société et dans l’inconscient collectif que le corps des femmes n’est qu’un objet qu’on peut brutaliser.

Nous réclamons l’instauration d’une loi anti-sexiste qui une fois pour toutes permettrait d’empêcher l’affichage dans l’espace public d’images faisant l’apologie des violences faites aux femmes, et constituant un appel à la haine et au meurtre des femmes.

Nous réclamons le retrait immédiat de cette campagne d’affichage par la justice et des sanctions contre M Ménard de la part de l’autorité préfectorale, comme la loi le lui autorise.

Contacts presse  :

  • Osez le Féminisme ! : 06 71 36 25 00
  • Chiennes de garde : 06 37 40 42 69
  • Citoyennes maintenant, Danielle Antherieu : 06 81 12 15 81
  • Collectif 13 pour les Droits des femmes, Daniela Levy : 06 82 12 62 37
  • Collectif National pour les Droits des Femmes, Suzy Rojtman : 06 61 83 12 56
  • Les effronté-e-s, Fatima Benomar : 06 75 86 61 31
  • Lorraine Questiaux, avocate : 06 98 12 20 86
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Communiqué de presse

Le 13 décembre 2017

Notre persévérance et intransigeance collective auront porté leurs fruits : préférant sauver les apparences et son image, Monsieur Ménard, maire de Béziers, est contraint de retirer lui-même ses affiches sexistes plutôt que de se voir enjoint par le juge administratif à le faire .

Il a pour autant, dans un communiqué indécent, quasiment assumé qu’il avait, par cette campagne éclair, atteint son but et la fonction utilitaire de cette affiche.

Le collectif « Espace public sans sexisme » est soulagé que l’atteinte portée par ces panneaux à notre dignité et à l’égalité femmes-hommes ait cessé rapidement puisque la campagne n’aura duré que 48h contre 3 semaines pour la précédente campagne sexiste, épargnant ainsi ses effets et sa violence à celles qui auraient pu la subir à Béziers,.

En revanche, nous regrettons d’avoir perdu l’occasion de faire reconnaître par le juge la protection du référé liberté, procédure d’urgence, en cas de campagne sexiste , qui aurait été un marqueur constructif pour notre lutte contre le sexisme dans l’espace public

En effet, si la gravité particulière de cette campagne justifiait la protection de cet outil juridique, rappelons que les femmes vivent dans un espace public saturé d’images et de messages discriminants, voire d’appels au viol ou à la violence. Du fait de ces violences symboliques, elles vivent constamment dans un environnement hostile, qui banalise et favorise l’impunité des violences physiques contre les femmes.

Nous réclamons un outil juridique efficace tel qu’un référé pour sauvegarder nos droits lorsqu’ils sont mis en péril dans la sphère publique ! Et surtout une loi antisexiste qui offre de moyens de lutte contre les stéréotypes et la propagande sexistes dans tous les espaces publics .

En attendant, notre collectif d’associations «  Espace public sans sexisme » a déposé également ( en plus du référé) un recours au fond contre le Maire de Béziers devant le Tribunal Administratif  pour contester la légalité de cette campagne et espérer ainsi obtenir qu’il soit sanctionné pour que l’impunité cesse .