En cette période de fêtes de fin d’année, Osez le féminisme ! et les Chiennes de Garde s’associent une troisième fois pour une grande campagne nationale contre les stéréotypes sexistes véhiculés par l’univers des jouets pour enfants (retrouvez notre campagne lancée en 2015). Libérons l’imaginaire des enfants, sortons les jouets des carcans dans lesquels ils sont présentés. 

Les rayonnages des jouets restent encore majoritairement organisés en fonction du sexe des enfants : maquillage, robes de princesse, aspirateurs et poussettes pour les filles ; armes, voitures, jeux de construction et super-héros pour les garçons. Aux filles l’espace domestique, les enfants et la beauté, aux garçons l’héroïsme solitaire, l’ambition, le pouvoir et le savoir.

Les jouets ne sont pas « que » des jouets : ce sont des supports d’apprentissage, qui aident au développement des enfants. Alors que 86% des femmes travaillent, pourquoi les filles devraient-elles se projeter dans les activités domestiques et uniquement dans les métiers du “care”, et apprendre à séduire les garçons dès l’âge de 3 ans ? Les filles sont très tôt persuadées qu’elles sont « meilleures » pour s’occuper des enfants (64% des filles de 7 à 12 ans le pensent, contre 2% des garçons) ou pour cuisiner (63% contre 3%), elles intériorisent également leur « rôle » d’objet sexuel, au cœur du système patriarcal.

Pas étonnant de retrouver d’année en année les mêmes statistiques accablantes :

  • 72% des tâches ménagères sont encore et toujours assurées par les femmes.
  • 97% des secrétaires et des assistant.e.s maternel.le.s, 90% des aides-soignant.e.s et 87% des infirmier.ère.s sont des femmes.
  • Seules 15% des policier.ère.s, pompier.ère.s, et militaires sont des femmes.
  • 78% des jeunes filles se sentent mal par rapport à leur apparence (au moins une fois par semaine).

Tout est lié : si les filles sont exclues des jeux d’aventure, de découverte et de création, comment pourraient-elles s’intéresser au domaine des sciences, de l’ingénierie ou du bâtiment au moment de choisir leurs études ? La limitation des horizons pour les unes, l’ouverture sur le monde pour les autres, s’organisent ainsi, dès le plus jeune âge.

Cette segmentation des jeux s’est dangereusement accentuée ces dernières années, car elle sert l’intérêt de l’industrie du jouet. Vendre des produits distincts (rose et bleu) non interchangeables aux filles et aux garçons, c’est en vendre deux fois plus. En plus d’enfermer les enfants dans des rôles stéréotypés, le portefeuille des parents est deux fois plus sollicité. Disons-le, si le sexe de vos enfants vous apparaît déterminant pour jouer à un jeu, c’est que ce jeu n’est peut-être pas fait pour les enfants.

Aujourd’hui, agissons pour partager les univers de jeux et l’art de vivre ensemble, nécessaire à la construction d’une société égalitaire. Nous exigeons des fabricants et des magasins qu’ils abandonnent leur ségrégation sexuée. En tant que parents, grands-parents et citoyen.ne.s, pour nos achats et nos cadeaux, ouvrons les champs des possibles aux enfants.

MOBILISATIONS :

  • A Paris, avec les Chiennes de Garde, rendez-vous le samedi 9 décembre à 14h devant la gare Saint Lazare (cour de Rome) pour une action festive et militante autour des grands magasins !
  • Osez le féminisme ! se mobilise pendant les fêtes partout en France : retrouvez nous à Tours, Grenoble, Rennes, Toulouse, Montpellier, et même en Suisse…

CONTACTS :
Osez le féminisme !, contact@osezlefeminisme.fr, 06.71.36.25.00
Les Chiennes de Garde, contact@chiennesdegarde.com, 06.37.40.42.69