La loi de 1095 fait de la laïcité un principe d’organisation de la République en séparant l’Eglise de l’Etat, et en actant la neutralité de ce dernier. Pourtant, il semble que le Président Macron n’en fasse pas la même lecture, puisque selon lui « le lien entre l’Eglise et l’Etat s’est abîmé » et il lui importe « de le réparer« . Osez le Féminisme ! rappelle que les intérêts de l’Eglise sont réactionnaires et constamment orientés contre les droits des femmes. C’est pourquoi la laïcité est une de nos valeurs, nous serons vigilant.e.s quant à son respect.

Une fois passée l’aberration suscitée par un tel discours, il nous importe en tant que féministes  de rappeler les dangers d’un “lien” rétabli entre l’Eglise et l’Etat. Car c’est bien quand l’Eglise s’insère dans les débats de société, s’impose dans les politiques publiques, que les droits des femmes reculent.

Le chef de l’Etat aurait-il oublié que ce sont les activistes de la Manif pour tous qui ont compliqué et retardé pendant des mois l’adoption de la loi pour le mariage pour tous et toutes ? Que ce sont les mêmes qui ont conduit à l’abandon du projet des ABCD de l’égalité ? Que jamais l’Eglise, nulle part, ne promeut l’égalité et qu’au contraire, elle agit avec une violence folle contre le droit à l’avortement et les relations homosexuelles ?

Par ses positions ultra conservatrices et machistes, l’Eglise a toujours condamné les femmes à vivre en citoyennes de seconde zone, leur interdisant de disposer librement de leur propre corps.

Osez Le Féminisme ! s’interroge sur cette main tendue à l’Institution catholique. La mention dans le discours de Macron des Etats généraux de la bioéthique qui se déroulent actuellement n’est pas anodine. Ses envolées lyriques rappellent dangereusement le langage des “pro-vies” (qui prétendent défendre la vie, mais jamais celle de la mère). Faut-il y voir un renoncement définitif aux promesses de campagne de l’ancien candidat aux présidentielles ? L’Eglise n’a jamais soutenu la PMA (Procréation Médicalement Assistée) pour toutes les femmes (elle n’est aujourd’hui autorisée en France qu’aux seules femmes hétérosexuelles mariées), et les associations féministes qui la réclament depuis des années, attendent toujours que le chef de l’Etat remplisse ses engagements.

En se rapprochant ainsi du conservatisme religieux, le Président Macron envoie un signal clair : le progressisme, l’égalité, l’émancipation des femmes ne sont pas ses priorités. Si on l’avait compris depuis un an avec l’absence totale de moyens dédiés à l’égalité femmes-hommes, c’est maintenant confirmé. La lutte pour la protection et le renfort de nos droits relève – s’il fallait encore le préciser – de l’unique mobilisation des associations féministes, qui réalisent déjà des missions de service public, abandonnées par l’Etat.

C’est pourquoi Osez Le Féminisme ! dénonce ces appels du pied du Président aux institutions ouvertement contre les droits des femmes, et restera vigilante à une quelconque ingérence des pouvoirs religieux dans les politiques publiques.