La vie des filles et des femmes noires compte

Contre les violences policières et sexistes

Des millions de personnes se mobilisent actuellement partout dans le monde contre les violences racistes policières, suite à une énième ”bavure” cette fois filmée, entraînant la mort d’un homme afro-américain : George Floyd. Quelques semaines auparavant, c’était une femme noire, Breonna Taylor, qui avait été tuée “par erreur”, par des policiers, alors qu’elle dormait. 

Les policiers qui ont tué George Floyd ont été mis en examen. Les policiers qui ont tué Breonna Taylor le 13 mars dernier sont, en revanche, toujours en liberté. Les violences policières contre les femmes noires sont, trop souvent, tues, invisibilisées, mises sous le tapis. « Où est la colère pour Breonna Taylor » ? demandait le 30 mai dernier la chercheuse Renee Nishawn Scott. La campagne #SayHerName menée par l’African American Policy Forum depuis 2015 vise à placer le projecteur sur les femmes noires victimes des violences policières. 

Ces violences n’épargnent pas la France, comme le dénoncent depuis des années des militant.e.s antiracistes. A Paris, des dizaines de milliers de manifestant.e.s étaient encore dans les rues dimanche 14 juin pour dénoncer ces violences policières. L’enquête récente de Médiapart jette, une fois de plus, une lumière crue sur le racisme mêlé de misogynie qui opère dans les rangs de la police, dont sont victimes toutes les personnes racisées, et notamment les personnes noires, et parmi elles, les femmes et les filles noires.

La mobilisation de nombreuses femmes racisées qui appellent à la justice, qui font entendre leur voix trop souvent silenciée, est vitale. Les écouter est absolument nécessaire.

Le Mardi 2 Juin, lors d’un comité de soutien à la famille d’Adama Traoré, à Paris, l’actrice et militante Aïssa Maïga, qui avait secoué le public des César lors de son discours en mars dernier, présidente des collectifs 50/50 et Noire n’est pas mon métier, s’est exprimée devant la foule de militant.e.s. Au côté d’Assa Traoré, elle nous a rappelé à toutes, militantes féministes et anti-racistes, que “Nous ne laisserons pas le cinéma français tranquille. Nous ne laisserons pas la justice française tranquille. Nous ne laisserons pas la France tranquille, tant qu’il y aura des injustices !”. 

Il est urgent de conduire une enquête de grande envergure pour mesurer le racisme et le sexisme dans la police. Il est vital de mettre fin à l’impunité des policiers qui commettent des violences racistes et misogynes.

Photo: “La vie des femmes noires compte” ©Jama Abdirahman

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