Parce que le 1er mai est aussi la journée internationale de solidarité avec les travailleuSES, Osez le féminisme ! participera vendredi aux manifestations organisées dans toute la France.

Les politiques d’austérité nuisent gravement aux femmes

Les femmes sont précaires parmi les précaires : elles représentent 70 % des “travailleurs pauvres”, 62 % des personnes en emploi non qualifié et 90 % des familles monoparentales, particulièrement exposées à la pauvreté.

Or, les femmes sont en première ligne des restrictions budgétaires qui impactent les services publics : elles en sont les premières usagères et elles sont plus nombreuses à y travailler. Comme en atteste un rapport d’ONU Femmes paru le 27 avril, “les politiques d’austérité font de nouveau peser le fardeau des soins sur les familles, ce qui veut dire que c’est aux femmes et aux filles d’en assumer la charge.”

La Loi Macron est révélatrice de ce type de politique d’austérité : par la libéralisation du travail du dimanche et la baisse des compensations pour le travail de nuit, elle ne fait qu’augmenter les violences économiques subies par les femmes. Car qui travaille dans les magasins et dans les supermarchés, où sera encouragé le shopping du dimanche ? …les femmes, à plus de 70 %. Qui sont les femmes qui travaillent en horaires décalés ?…les femmes les plus précaires, là encore.

20 ans que les inégalités se perpétuent: il est temps d’agir !

Aujourd’hui encore, si les femmes réussissent mieux à l’école et l’université, elles gagnent en moyenne 27 % de moins que leurs collègues masculins.

Une part de cette inégalité s’explique par une discrimination directe. Mais une grande part incombe au “plancher collant” (les emplois à temps partiels, occupés à 83% par des femmes, la sous-valorisation des métiers dits “féminisés”) et au plafond de verre (qui empêche les femmes de monter dans la hiérarchie).

Ces inégalités tout au long la vie se répercutent sans surprise à la retraite : 2 retraité-e-s pauvres sur 3 sont des femmes et 1 femme sur 3 perçoit une pension inférieure à 700 € (contre 1 homme sur 6), les situant en-dessous du seuil de pauvreté.

Pourtant, des solutions concrètes existent ! Rappelons que par un décret de 2012, les entreprises de plus de 50 salarié-e-s doivent produire un accord collectif ou, à défaut, un plan d’action fixant des objectifs de progression en matière d’égalité, notamment salariale. Sans quoi, elles ne peuvent candidater à un marché public.

Les plus réticentes peuvent être mises en demeure et, si elles ne prennent pas de mesures concrètes, être sanctionnées à hauteur de 1% de la masse salariale. Au 1er mars 2015, Marisol Touraine a annoncé que 1 500 entreprises ont fait l’objet d’une mise en demeure et 48 ont été sanctionnées pour non-respect de leurs obligations. Mais jusqu’à présent, il est impossible de savoir lesquelles !

Pour une transparence en matière d’égalité professionnelle, Osez le féminisme! s’associe juridiquement au recours engagé par le Conseiller Régional d’Île-de-France Julien Bayou et demande que soit publiée la liste des entreprises mises en demeure et/ou sanctionnées pour non respect de l’égalité salariale entre les femmes et hommes.

Osez le féminisme! défilera partout en France le 1er mai, aux côtés des syndicats, pour une réaffirmation des droits sociaux et une application des textes en matière d’égalité professionnelle.