Le mercredi 9 septembre, Christiane Taubira, Garde des Sceaux, a annoncé le lancement d’une grande campagne de lutte contre les discriminations, avec la mise en ligne du site stop-discrimination.gouv.fr. Ce lancement s’est accompagné de déclarations concernant le projet de loi “la justice du 21ème siècle”, qui comportera deux volets qui intéressent tout particulièrement Osez le Féminisme ! : les actions de groupe, et la lutte contre les discriminations et pour l’égalité.

Osez le féminisme ! exprime sa colère de constater qu’une fois encore, les femmes sont reléguées en arrière-plan du projet. Faut-il rappeler que la moitié de la population est discriminée quotidiennement en raison de son sexe ? Et pour les femmes racisées et/ou lesbiennes et/ou handicapées, c’est la double peine.

Seule une phrase du site mentionne les discriminations sexistes : l’exemple d’une femme qui, à son retour de congé maternité, est écartée d’un poste à responsabilités. Un seul exemple face à l’ampleur du problème, c’est bien faible et réducteur. Une étude rendue en 2013 par le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle révèle que 80% des femmes interrogées estiment que les femmes sont régulièrement confrontées à des attitudes ou des décisions sexistes. Quant aux deux vidéos mises en ligne par le ministère de la Justice, elles sont éloquentes en la matière : les victimes de discrimination sont… des hommes !

Le quotidien des femmes s’apparente pour beaucoup à une lutte : parce que femmes, donc potentiellement mères (qu’elles le veuillent ou non), elles doivent se battre pour obtenir un emploi, pour être payée autant qu’un collègue masculin, ou encore pour avoir le droit de travailler sans subir “d’agissement sexiste”, notion récemment introduite dans le Code du travail et à laquelle le site gouvernemental ne fait même pas référence.

Le caractère raciste, antisémite ou homophobe constitue une circonstance aggravante des infractions. Il y a urgence à agir et envoyer ce message simple : le sexisme doit être traité avec le même sérieux par la Justice et constituer une circonstance aggravante. C’est le sens de la campagne qu’Osez le Féminisme ! a menée en novembre 2014 pour la reconnaissance légale du féminicide.

Quotidiennement, des femmes subissent des discriminations, des agressions, des violences, parce qu’elles sont femmes. Alors que le travail parlementaire va débuter autour du projet de loi “la justice du 21ème siècle”, nous demandons à être reçues par la ministre de la Justice, Madame Taubira, afin que les femmes ne soient pas les grandes oubliées de ce texte.