[Tribune] Les associations doivent s’engager en faveur de la loi prostitution

Tribune parue dans le Huffington Post le 02-février-2019

Plutôt que de vous opposer à une mesure faisant progresser la liberté sexuelle et l’égalité femmes-hommes, aidez-nous à changer la société!

Alors que le Conseil constitutionnel a entériné la constitutionnalité de la loi du 13 avril 2016, nous appelons le Planning familial à Médecins du Monde à changer de posture et s’engager dans l’application des mesures de la loi destinées à mieux accompagner les personnes prostituées et à assurer leur accès aux droits.

Que le STRASS, (Syndicat du TRAvail Sexuel, NDLR) qui revendique la dépénalisation du proxénétisme, se positionne contre la loi abolitionniste de 2016, ne nous a évidemment pas surpris. Dans la logique des mouvements internationaux de défense du “travail du sexe”, largement financés par des fondations clairement favorables à la reconnaissance de la prostitution comme un travail comme un autre, leur objectif n’est pas la défense des personnes prostituées mais bien la légalisation d’un marché. Sous ce vocable “travailleur du sexe”, sont incluses les personnes prostitué.e.s mais aussi les proxénètes, qui deviennent alors des “managers”; ce qui a pour résultat d’invisibiliser les violences commises par les trafiquants et esclavagistes proxénètes!

Mais que Médecins du monde, association reconnue qui, partout dans le monde, œuvre à soigner les plus vulnérables, qui défend comme nous les droits des migrantes et des migrants, se joigne à cette demande et tourne ainsi le dos aux millions de victimes du système prostitutionnel et de la traite des êtres humains à des fins de prostitution reste pour nous largement incompréhensible.

Les bénévoles de Médecins du monde qui rencontrent les femmes et les enfants contraints de se prostituer dans les rues voient bien les conséquences psychologiques et physiques reconnues de la violence prostitutionnelle. Comment peuvent-ils prétendre que ce n’est que depuis 2016 qu’ils constateraient les effets de la prostitution? Comment peuvent-ils ne pas entendre ce que disent les femmes que nous rencontrons dans la rue, dès lors qu’on leur offre un cadre d’écoute : que la prostitution, leur est insupportable, et que beaucoup préfèrent gagner oui, ces “misérables” 330 euros initiaux par mois de l’AFIS (aide financière à l’insertion sociale), plutôt que de passer leur temps sur les trottoirs à attendre des “clients” et subir des viols tarifés à répétition ? Et pourquoi Médecins du Monde ne s’investit pas dans la mise en oeuvre du volet social de la loi aux côtés des associations comme le Mouvement du Nid, l’Amicale du Nid ou les Centre d’information des droits des femmes, pour les aider à répondre à la demande grandissante des victimes qui souhaitent sortir de la prostitution ?

Médecins du Monde défend sa position en s’appuyant sur le rapport intitulé: ” Travail du sexe: la loi qui met en danger “, coordonné par une chercheuse du CNRS et bénévole de Médecins du monde. Ce rapport est partial, car il s’appuie sur des témoignages de personnes sélectionnées uniquement par des associations hostiles à la loi, comme le STRASS. Rien dans “l’étude” de Médecins du Monde ne permet de faire un lien objectif et chiffré entre violences prostitutionnelles et la loi du 13 avril 2016. Au contraire, là où elle est appliquée, les réseaux reculent.

Céline PIQUES, porte-parole d’Osez le Féminisme ! et Christine BLEC, Présidente du Mouvement du Nid

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