A la suite de la tribune antiféministe parue cette semaine dans le Monde, Osez le Féminisme ! a eu l’occasion de réagir pour rappeler les véritables priorités  du combat pour l’égalité. Retrouvez ce texte sur Konbini.

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Les propos tenus par le collectif avec cette tribune posent différents problèmes, à plusieurs niveaux. Commençons par le début : les mots employés pour euphémiser les violences faites aux femmes, dès le verbe ‘importuner’Toucher la poitrine ou les fesses d’une femme qui ne le désire pas, lui ‘voler un baiser’, ce n’est pas‘importuner’ : c’est commettre une agression sexuelle, violence lourde de conséquences psychotraumatiques et reconnue par la loi française comme un délit passible d’une peine d’emprisonnement de cinq ans.

Pour commettre ces violences sexuelles, les agresseurs s’appuient sur un ensemble de violences sexistes et sexuelles, celles-là mêmes contre lesquelles les féministes luttent. Ce que nous dénonçons, c’est un système de violences massivement répandues et impunies, contre les femmes (c’est ça, le patriarcat !).

Contrairement à ce qui est avancé dans cette tribune, la pédagogie féministe œuvre précisément pour libérer les mots et la réalité de l’emprise des agresseurs, pour poser des constats objectifs sur ce qui doit être valorisé, amélioré, ou combattu, de façon à concevoir et faire advenir les conditions nécessaires à l’émancipation des femmes.

La pédagogie féministe : remettre à l’endroit pour lutter contre la honte

Ainsi, nous refusons de mettre sur la même chaîne de valeurs la séduction et les violences sexuelles, qui sont deux réalités fondamentalement différentes, c’est-à-dire sans aucun point de rencontre.

Les hommes savent ce qu’ils font, lorsqu’ils agressent une fille ou une femme. Ils connaissent très bien la différence entre proposer et importuner, encourager et contraindre, inviter et envahir, partager une intimité et violer. Pour reprendre la phrase illustrant un fameux visuel du Collectif féministe contre le viol :

‘Quand tu te prends un coup de pelle, tu n’appelles pas ça du jardinage.’

Loin de ce qui est développé dans le texte publié par Le Monde, lequel entretient la confusion, le féminisme fait des liens intellectuels et politiques entre tous les leviers du sexisme, même ceux qui passaient avant ‘sous le radar’, sous couvert d’humour par exemple.

Mis bout à bout, l’ensemble de ces rouages d’agresseurs construit une véritable culture pro-violences sexuelles et sexistes, qui tient le patriarcat en place, qui permet aux agresseurs de déployer toujours la même stratégie si facilement et efficacement, y compris contre des filles et des femmes bien plus brillantes qu’eux.

Le texte met finalement en cause les féministes avec une rhétorique qui ne fait qu’enrober deux des arguments de l’antiféminisme primaire : nous serions des ‘féminazies’, des ‘mal baisées’ ou encore des frigides. Nous haïrions les hommes et la ‘liberté sexuelle’.

Ni délation, ni puritanisme de notre part, mais un simple et ferme refus des violences. Nous combattons les violences patriarcales, dont le viol est l’arme principale. Cette lutte est vitale à la libération des sexualités et est fondée sur la conviction qu’il n’est pas dans la nature des hommes de violer.

Pas de division, mais de la sororité face aux agresseurs

Des femmes pour attaquer d’autres femmes ? Très peu pour nous. On préfère, et de loin, créer de la solidarité, de la sororité. Ne tombons pas dans ce piège qui tend à diviser les femmes entre elles. Ce serait occulter et nous détourner de notre véritable ennemi : le sexisme. […]

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