Ce week-end nous apprenions avec stupeur que le gouvernement entendait baisser les subventions des associations qui luttent pour les droits des femmes, notamment les associations qui accueillent les filles et femmes victimes de violences. Des rumeurs circulaient quant au chiffrage de ces baisses de subventions : 25% ? 30% ? Marlène Schiappa, Secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes, a fait un semi-démenti sur LCI en indiquant qu’il y aurait bien des baisses, sans en préciser la proportion. Après le renoncement sur le ministère de plein exercice, la “Grande cause nationale” pour l’égalité femmes-hommes, commence mal.

La Secrétaire d’Etat a affirmé ensuite que le budget des associations qui accueillent les femmes victimes de violences sexuelles et sexistes était “sanctuarisé” et que donc le gouvernement n’y toucherait pas. Face à ce cafouillage,nos questions sont légitimes : doit-on comprendre que les autres associations seront touchées ? Le gouvernement se permettrait-il d’opérer une hiérarchie dans les combats féministes ?

Les associations qui accueillent les femmes victimes de violences fournissent un travail remarquable, qui mériterait d’être par ailleurs davantage financé que “sanctuarisé”. Mais derrière les éléments de langage de l’entourage de Madame Schiappa, nous voyons venir une mise en concurrence des associations féministes, et nous la refusons ! Nous oeuvrons toutes pour l’égalité et prenons toutes en charge, avec déjà trop peu de moyens, des missions d’utilité publique. Les associations de terrains et celles de plaidoyer se complètent et s’enrichissent dans un seul et même but : faire reculer les inégalités et les violences masculines. Le problème ne réside pas dans la valeur de nos actions mais bien dans l’absence de volonté politique et donc de moyens pour les droits des femmes.

Les droits des femmes, qui constituent déjà le plus petit budget de l’Etat (0,0066% du budget rappelait le rapport du HCE), sont encore une fois mis en danger par des logiques d’économie inconséquentes. En plus de l’incohérence grossière entre les paroles et les actes, c’est un message insupportable qui est envoyé aux associations qui pâtissent déjà d’un manque criant de financements et déploient une énergie considérable au quotidien. C’est finalement aux femmes que le gouvernement signifie qu’elles ne sont pas prioritaires, ni leurs droits ou leur protection.

Avec un collectif d’associations féministes, nous réagissons et lançons une campagne d’interpellation. Nous refusons la diminution des crédits alloués aux associations oeuvrant pour l’égalité. Les différents engagements des associations féministes forment un tout qui ne doit pas être ébranlé. Nous nous mobiliserons contre toute réduction du budget dédié aux droits des femmes.