Bertrand Cantat a entamé début mars une tournée dans différentes villes de France. Il sera ainsi le 7 mars à Strasbourg. Osez le Féminisme ! se mobilise et organise sa propre tournée d’actions féministes pour interpeller le public sur l’impunité des agresseurs.

Rendre ainsi hommage à un assassin protège d’autres agresseurs, nourrit une amnésie coupable et couvre de mépris les femmes et leurs droits. Nous nous mobiliserons donc pour que nos messages pour l’égalité et la fin des violences soient entendus, plus forts.

Les hommes coupables de féminicides sont généralement excusés par les médias, nous l’avons encore vu avec le meurtre d’Alexia Daval. Trop souvent les violences sont euphémisées et la responsabilité du crime portée sur la victime. Cela a été et est encore le cas pour Bertrand Cantat, qui a assassiné à coup de poings Marie Trintignant, et poussé au suicide Kristina Rady.

Nous rappelons et dénonçons donc l’acceptation sociale des féminicides. Ces meurtres sexistes participent de la construction de rapports femmes/hommes inégalitaires tout autant qu’ils sont le résultat d’un continuum de violences patriarcales. Ces violences sont largement impunies, et même tolérées. Leur acceptation est d’autant plus forte quand les agresseurs sont des artistes ou des hommes de pouvoir.

Nous analysons l’absurdité de l’injonction qui nous est faite de dissocier l’homme de l’artiste : les talents de certains ne peuvent atténuer la gravité des violences contre les autres. Le tour de chant de Bertrand Cantat mérite peut-être d’être célébré, mais savoir qu’il a été de ces hommes qui chaque année massacrent des femmes, devrait nous prémunir de l’aduler. Loin de réclamer la censure ou l’interdiction, Osez le Féminisme ! rappelle les faits. Bertrand Cantat a tué. Et en effet cette réalité doit déranger.

Nous sommes du côté de celles qui ne sont jamais entendues ni reconnues. Se servir de sa notoriété pour faire accepter ses crimes est une des stratégies récurrentes des agresseurs. Cantat sait très bien profiter de son statut pour légitimer sa présence médiatique. Se pose la question de la responsabilité de ceux qui participent à la programmation de ses concerts et qui le soutiennent. 

Le message envoyé est clair, il s’agit d’un mépris total et sinistre de la mémoire des victimes de Cantat, et de toutes les femmes victimes de violences. Considérant que ce qu’elles vivent – jusqu’au féminicide – ne saurait être plus important que l’art, ils protègent des agresseurs. Pourtant ce sont toutes les femmes qui sont en danger. Tant que les violences masculines ne seront pas éradiquées, nous ne serons pas libres.

C’est pourquoi l’antenne d’Osez le Féminisme 67 se mobilise pour confronter chacun.e à ses contradictions. La réalité des violences contre les femmes peut-elle vraiment être oubliée au profit de goûts musicaux ?

L’ensemble du réseau Osez le Féminisme appelle à un rassemblement qui sera organisé le 30 mai à Paris, lors du dernier concert prévu de Bertrand Cantat. Notre objectif est que ce rassemblement n’ait jamais lieu, mais que la mobilisation du public fasse enfin comprendre aux responsables de cette tournée que la célébration d’un agresseur ne peut plus être au programme. Time’s up!