Des associations féministes (Les Chiennes de garde, La CLEF, Femmes Solidaires, Osez le féminisme !) se mobilisent à l’occasion du 25 novembre, vitrine médiatique sur la lutte contre les violences faites aux femmes, afin que le vocabulaire médiatique rende justice aux droits des femmes. Pour cela, elles ont réalisé un petit lexique journalistique des 10 expressions clés à bannir !

Cette année, comme tous les 25 novembre, de nombreux médias évoqueront la diversité des violences faites aux femmes et les problématiques qui les touchent. Comme à chaque 25 novembre, on observera un vocabulaire qui tend à minimiser les violences contre les femmes. Les termes discriminants symboliques visent à rendre les femmes invisibles et à légitimer leur exclusion de l’espace public.
Les stéréotypes légitiment les inégalités. La langue n’est pas neutre. Elle est le véhicule de la pensée, c’est elle qui donne le sens. Les euphémisations ont un caractère politique.

Employons donc les mots justes ! Sans reconnaissance de la place des femmes dans la société, sans reconnaissance des violences qu’elles subissent et des causes de ces violences, pas d’égalité, pas de démocratie !

DES MOTS POUR LE DIRE

Petit lexique journalistique

  • Oui à « 25 novembre : Journée internationale de lutte contre les violences CONTRE les femmes »

Non à : 25 novembre : Journée internationale de lutte contre les violences à l’égard des femmes. Contre = opposition à quelqu’un = à l’encontre de / À l’égard de = avoir de la considération pour quelqu’un = respect, attention, etc…

  • Oui à « 8 mars : Journée internationale DES DROITS DES femmes »

Non à 8 mars : journée internationale de la femme. La Femme est un concept, un fantasme « idéal », bien loin des réalités des femmes dans la vie quotidienne.

  • Oui à « meurtre (machiste) »

Non à Drame/crime passionnel. Quand des meurtres de femmes et/ou des enfants, sont qualifiés de « drame familiaux », le scénario proposé insinue que les victimes seraient actrices et/ou acteurs de leur destinée au même titre que le bourreau, tous pris dans le tourbillon de la passion, donc d’une logique irrationnelle

  • Oui à « Droits humains »

Non à Droits de l’Homme. Cette terminologie date de la Révolution française qui a exclu volontairement les femmes de la citoyenneté. Seuls les pays francophones parlent de droits de l’Homme, tous les autres pays du monde évoquent les droits humains. Au nom de quoi l’Homme même avec un grand H (que l’on n’entend pas, même si on le lit) engloberait toutes les femmes ?
Cf. la campagne http://droitshumains.fr/

  • Oui à « Viols »

Non à Agressions sexuelles

  • Oui à « Elle a été violée, il a violé une femme »

Non à Elle s’est fait violer.
Les viols sont des crimes, les agressions sexuelles des délits : parler d’agression est une minimisation. Par ailleurs les victimes subissent. Elles ne sont pas actrices du viol, elles ne l’ont pas « cherché ». (Cf. la différence entre « se faire tatouer » et « être tatouée » ou « il a tatoué »).

  • Oui à « Agression sexuelle, agresser sexuellement »

Non à Abus, abuser.

  • Oui à « Féminicide »

Non à Meurtre d’une femme. Meurtre en raison de son sexe (ex : une joggeuse violée puis tuée par un inconnu). Plusieurs pays d’Amérique latine et d’Europe (Chili, Costa Rica, Colombie, Salvador, Guatemala, Mexique, Pérou, Italie et Espagne) font ainsi du machisme la circonstance aggravante du meurtre, comme cela existe pour le racisme ou l’antisémitisme.
Voir la campagne d’Osez le féminisme! pour la reconnaissance du féminicide.

  • Oui à « Mutilations sexuelles féminines »

Non à Mutilations génitales féminines. Cette expression ne prenant pas en compte la sexualité des femmes comme droit fondamental mais reléguant les femmes à leur fonction physiologique de procréation.

  • Oui à « Gestion raisonnable »

Non à Gestion en bon père de famille. Notion dépassée du droit français qui a disparu seulement le 21 janvier 2015 du droit français.

  • Oui à « Personne de référence »

Non à Chef de famille

  • Oui à « 4h30 à l’école c’est l’heure des parents »

Non à « 4h30, à l’école, c’est l’heure des mamans».

Et puis User du féminin pour les noms de métiers, les grades, les titres et les fonctions occupés/portés par des femmes : autrice, artisane, compositrice, etc… de nombreux noms de métiers, grades, titres et fonctions existent dans la langue française (cf. Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin d’Éliane Viennot aux éditions iXe (2014).

Voir également le « Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe » rendu public le 5 novembre par le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes.