Le Vendredi 7 Juin 2019, le Sénat a examiné cinq amendements proposés par la Sénatrice Laurence Rossignol au projet de loi Santé, dont un qui a été adopté : celui prévoyant l’allongement de 12 à 14 semaines du délai légal pour pratiquer une IVG. Le mardi 11 juin, le gouvernement a choisi de faire revoter ce texte qui a alors été rejeté ! La majorité gouvernementale s’oppose ainsi à des mesures nécessaires pour un accès effectif à l’IVG pour toutes les femmes. Le droit à l’avortement est un droit fondamental à défendre contre les forces réactionnaires en France comme dans le monde.

Depuis le début de l’année, 28 des 50 Etats américains ont mis en place plus de 300 nouvelles réglementations afin de limiter l’accès à l’avortement. Osez Le Féminisme ! a appelé à des rassemblements de soutien dans la France entière afin de tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme et revendiquer la consécration de ce droit fondamental bien trop souvent mis en danger.

Le 11 Juillet 2018, l’Assemblée Nationale rejetait une proposition de loi soutenue par Osez le Féminisme ! qui visait à inscrire les droits à l’avortement et à la contraception dans le préambule de la Constitution de 1958, en faisant ainsi des principes fondamentaux de la République française. Pour justifier ce rejet, l’Assemblée Nationale arguait alors que ces droits sont déjà “suffisamment garantis”.

Le droit à l’IVG suffisamment garanti, vraiment ? Presqu’un an après, à la lumière d’une actualité internationale glaçante, force est de constater que le droit à l’avortement, partout remis en question, a éminemment besoin d’être consolidé. Sa remise en cause reste au centre des combats engagés par les forces réactionnaires à l’échelle européenne, en France et dans le monde.
Dans notre pays, l’accès des femmes à leurs droits sexuels et reproductifs est sans arrêt attaqué :
 par les fermetures de centres de planification familiale (130 en dix ans), la pénurie de praticien.ne.s en ville, le manque de moyens dans les centres de santé, la défection de médecins exerçant leur « clause de conscience » comme à Bailleul ou à Fougères… Mais aussi par les mentalités qui, toujours, font peser un stigma sur celles qui décident de recourir à une IVG.
Rappelons que le 11 septembre 2018, Bertrand de Rochambeau, président du SYNGOF (Syndicat National des Gynécologues et Obstétriciens de France) a osé qualifier l’avortement d’homicide. Par la suite, ce même syndicat a menacé de pratiquer une « grève » des IVG. Ainsi le droit d’avorter n’aurait plus besoin d’être protégé…?

Le Vendredi 7 juin, la Sénatrice Laurence Rossignol a présenté cinq amendements permettant de renforcer cet accès à l’IVG : l’allongement de 12 à 14 semaines du délai légal pour pratiquer une IVG, la pratique d’IVG instrumentales par les sages-femmes, l’interdiction pour un objecteur d’IVG d’être responsable d’un service d’obstétrique, la publication des praticien.nes objecteurs d’IVG, la suppression de la double clause de conscience spécifique à l’IVG. Tous ont été rejetés au Sénat par l’alliance de la droite et de la majorité gouvernementale.

Chaque année, 47 000 femmes meurent dans le monde des suites d’un avortement clandestin. Chaque année, 3000 à 5000 femmes françaises sont contraintes de quitter le pays pour recourir à une IVG “hors délai”. Osez Le Féminisme ! s’indigne du rejet des amendements portés par Laurence Rossignol qui auraient permis un meilleur accès à l’IVG. Nous continuons d’exiger la reconnaissance de l’IVG libre et gratuite pour toutes comme un droit fondamental qui doit être consacré comme tel dans la Constitution française et à l’échelle européenne. Autrement, rien demain ne nous garantit son respect, un changement politique nous mettrait toutes en danger.