Ce jeudi 23 juin 2016 la commission nationale des investitures des Républicains a décidé d’investir George Tron, renvoyé aux assises pour viols aggravés sur deux anciennes employées municipales de la ville dont il est maire, pour les prochaines législatives dans l’Essonne.

Osez le féminisme ! exprime sa plus profonde indignation et sa colère face à ce choix incompréhensible. Quelques semaines après l’affaire Baupin, plus d’un an après la tribune de femmes journalistes qui révélaient le sexisme ambiant en politique, nous le demandons : qu’a-t-il bien pu se passer dans la tête des membres de la CNI des Républicains pour faire un tel choix ? N’ont-ils et elles donc pas compris que face aux violences sexistes et sexuelles, la tolérance zéro s’impose ?

Nous le rappelons, encore une fois : 84 000 femmes majeures sont violées par an en France. Seules 10% d’entre elles portent plainte, les autres sont astreintes au silence par peur de leur agresseur (qu’elles connaissent dans 80% des cas) et des conséquences de la révélation du crime dont elles ont été victimes.

Sans remettre en cause le principe de présomption d’innocence, le choix de la CNI des Républicains nous interpelle sur les valeurs de la classe politique. Quel parti politique oserait présenter ou soutenir un homme politique accusé de meurtre à une élection ? Mais accusé de viol, c’est visiblement encore possible. Pourquoi ? Parce que nous vivons dans un monde où la culture du viol domine, où encore beaucoup d’hommes continuent de penser que “ce n’est pas si grave que ça” ou que c’est une affaire de “séduction”, visiblement incomprise de la femme victime, ou de “libertinage”, que les plus prudes ne toléreraient pas. Le viol n’est pas une question de pudeur. Il est la négation du consentement d’une femme, l’expression brutale et violente de la domination masculine.

Verrons-nous ainsi lors de la prochaine mandature un député, homme puissant et d’influence par définition, se présenter devant une cour d’Assises pour répondre des faits qui lui sont reprochés ? Nous espérons que non, et c’est pourquoi nous demandons l’exemplarité pour toute personne briguant un mandat politique, de même que nous militons pour l’inéligibilité des personnes condamnées pour agressions sexuelles et viols (revendication que nous avons portée dans le cadre du projet de loi “égalité et citoyenneté”). Ainsi, nous demandons à la CNI des Républicains de revenir sur son choix. Nous avons déjà interpellé ce parti en mars 2015 quand Tron était tête de liste pour les départementales dans l’Essonne (avant qu’il ne retire de lui-même sa candidature pour être président du conseil départemental), nous réitérons notre interpellation : n’investissez pas un homme accusé de viols.

#STOPAGRESSEURS (1)