m6Hier soir, M6 a diffusé le premier épisode de son nouveau programme Mariés au premier regard. Cette émission se revendique « scientifique et sociale » ; elle n’est en réalité qu’une émission de plus où de pseudo expert-e-s proposent à quatre personnes célibataires de rencontrer leur partenaire idéal-e… à condition de s’engager à l’épouser.

Si le concept est atterrant et donne à voir des rapports femmes-hommes stéréotypés et caricaturaux, le plus inquiétant reste le choix des experts mis en valeur. En effet, comme l’a révélé 20 minutes, le coach en séduction (sic) Stéphane Edouard réalise des vidéos intitulées « comment dresser sa femme », n’hésite pas à traiter certaines femmes de « petites salopes » et remet en cause l’existence du viol en soirée.

Utiliser la misère affective des gens pour revenir à l’époque des mariages arrangés, créer des situations ubuesques pour favoriser l’audimat est malsain. Le faire en s’appuyant sur les conseils d’un homme misogyne est dangereux.

Nous rappelons qu’en France :

  • Une femme sur 10 est victime de violence dans le couple au cours de sa vie,

  • Près de 120 hommes ont assassiné leur compagne ou ex-compagne en 2015,

  • Moins d’1% des violeurs sont condamnés, alors que 84 000 femmes majeures par an sont victimes de viols ou de tentatives de viol.

Sur son site internet, le groupe M6 revendique une « télévision citoyenne et responsable»  avec une démarche RSE structurée autour de priorités comme « le respect du public et sa responsabilité envers la société » et « la non-discrimination ».

Osez le féminisme ! suggère à M6 une première étape pour remplir ces objectifs : cesser de valoriser un homme qui fait régulièrement l’apologie de l’humiliation des femmes et qui fait de la banalisation des violences son fond de commerce.

Alors que les violences masculines sont massives et majoritairement impunies, nous accusons M6 d’irresponsabilité. Dans une société où la culture du viol est généralisée, donner une tribune à un homme sexiste et lui conférer le statut d’expert revient à se faire complice des violences masculines. Nous demandons donc l’arrêt de ce programme et invitons nos adhérent-e-s à saisir le CSA.