Le harcèlement a été au coeur de nombreuses actualités ces dernières semaines. Harcèlement dit de rue*, harcèlement (et agressions) homophobe et sexiste dans l’émission de Cyril Hanouna… Beaucoup de bêtises ont aussi été proférées quant aux mécanismes et à la gravité du harcèlement. Osez le Féminisme ! vous propose donc ci-dessous une analyse de ce phénomène, nos revendications, les chiffres clés, ainsi que les mots pour en parler.

Ces éléments sont ceux présentés ce tract, le volet harcèlement de notre campagne Stop Agresseurs.

*  Ca n’est pas la rue qui harcèle, ni la rue qui est harcelée… Vous êtes vous déjà demandé pourquoi cette expression ? Cf notre section les mots pour le dire. 😉

Qu’est-ce que le harcèlement ?

Le harcèlement peut être le fait d’anonymes dans la rue ou les transports, de relations professionnelles dans le cadre du travail, ou de personnalités connues, en politique ou dans les médias par exemple.

Il consiste à commenter le physique des femmes, leurs habits, l’expression de leur sexualité (lesbienne notamment), sous couvert de « compliments » ou de « rapports de séduction ». Il permet de réduire les femmes à un statut d’objet sexuel à disposition des hommes.

Le harcèlement crée chez les femmes le sentiment que leur présence n’est pas légitime : les femmes intériorisent le fait que l’espace public représente un danger et qu’il faut éviter certains comportements. Elles reproduisent ainsi, à leur corps défendant, les codes qui les corsettent et qui maintiennent la légitimité de ce schéma machiste.

Les revendications d’Osez le Féminisme !

  • Inéligibilité des agresseurs : les élus doivent être exemplaires en matière de respect des droits des femmes. Ceux qui sont soupçonnés de harcèlement ou d’agressions sexistes doivent se mettre en retrait de leurs fonctions. Les élus condamnés doivent être inéligibles.
  • Tolérance zéro dans les médias : les médias ont une responsabilité dans la dénonciation du sexisme. Ils doivent être exigeants en termes de contenus visuels, de propos tenus à l’antenne et de comportements des présentateurs.
  • Communication durable sur le harcèlement dans les transports : les compagnies de transports doivent avertir les usager-e-s sur leurs droits en tant que victimes, sur les peines encourues pour les agresseurs et sur les comportements à adopter parles passager-e-s témoins.

Chiffres

  • 100 % des femmes ont déjà été harcelées dans les transports en commun
  • 20 % des femmes sont harcelées au travail au cours de leur vie professionnelle
  • 90 % des femmes qui portent plainte pour harcèlement au travail doivent quitter leur emploi

Les mots pour le dire

  • Dire : agressions sexuelles, injures, agresseurs, harcèlement sexiste, harcèlement masculin
  • Ne plus dire : incivilité, drague lourde, rapport de séduction, main aux fesses… des termes qui minimisent la violence commise