1er septembre 2017, les chiffres tombent. D’après un article de Libération, 109 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint en 2016. Selon l‘étude complète publiée par le ministère de l’Intérieur, il s’agit en réalité de 123 femmes qui ont été assassinées. A la fin du rapport, une distinction est faite entre 109 femmes en “couples officiels” et 14 femmes en couples “non-officiels” (petit ami, amant…). Il faudrait donc être “officiellement” en couple pour être considérée comme une femme victime d’un homme violent ?!

123 femmes mortes en un an, c’est une femme tous les trois jours qui meurt tuée par un homme. Ce sont en fait des hommes qui se sont sentis légitimes à exercer leur violence sur des femmes jusqu’à les tuer, leur motivation principale étant le “refus de la séparation” (à 49%). Nous vivons aujourd’hui encore dans une société où les hommes considèrent les femmes comme leur propriété, n’acceptent pas qu’on puisse leur opposer un “non”. Ce meurtre a un nom : le féminicide (le meurtre d’une femme, d’une fille en raison de son sexe).

Osez le Féminisme tient à souligner les nombreuses imprécisions dans les nombres et euphémisations des violences masculines que comportent la publication. On y retrouve une catégorisation des crimes visant à faire baisser les chiffres, des chiffres non contextualisés (“9 personnes tuées dans le cadre de rivalités amoureuses”) ou encore un choix de mots qui ne déconstruisent pas les mécanismes des violences patriarcales : “auteurs” pour “agresseurs”, “dispute” invoquée comme le mobile d’un féminicide.

Osez le Féminisme ! demande la reconnaissance du féminicide en France et avait fait campagne à ce sujet en 2014. Ces 123 meurtres auraient du ou doivent être jugés comme des crimes sexistes, le sexisme étant depuis 2016 une circonstance aggravante des crimes et délits.

Le féminicide est un crime ignoré et banalisé. Le traitement médiatique qui en est fait en est la preuve : classés en fait divers, les articles relatant ces féminicides laissent croire qu’il s’agit de “crimes passionnels”, de cas isolés. Or, le nombre de femmes victimes révèle qu’il s’agit d’un phénomène massif et mondial. C’est le résultat d’un système patriarcat reposant sur de multiples violences machistes, que nous voulons voir éradiquées.  

Les victimes doivent être protégées, mieux accompagnées et aidées. Si tou.te.s les professionnel.le.s ayant à accueillir des victimes (police, justice, santé, éducation) étaient correctement formé.e.s, des féminicides pourraient être évités et l’impunité des agresseurs serait remise en cause.

Combien de femmes devront mourir encore pour que l’Etat et nos sociétés réagissent vraiment ?