Le sénateur du Rassemblement national, Stéphane Ravier et le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, ont aujourd’hui encore fait preuve d’un sexisme patent et virulent.

Au cours du dernier conseil municipal, le groupe de Stéphane Ravier perturbait l’intervention de Lydia Frentzel. «M Ravier, on se verra dans le 13-14! » réagit l’élue Europe Ecologie Les Verts… Réponse de Stéphane Ravier ? « Même hôtel, même heure ! »
Jean-Claude Gaudin, complice, ajoute « En tout cas, ce n’était pas dans mon bureau », puis « n’exagérons rien », quand on lui demande de prononcer un rappel au règlement.

Nous tenons à signifier notre soutien sorore à Lydia Frentzel ! C’est en tant que femme qu’elle a été victime d’injure sexiste et à travers elle, nous sommes toutes injuriées !

Nous ne pouvons tolérer que de tels rappels à l’ordre sexués soient formulés et qu’ils ne suscitent pas de condamnation immédiate. Le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes a récemment rappelé la réalité du sexisme. « En 2017, 1,2 millions de femmes ont fait l’objet d’une injure sexiste, soit près d’1 femme sur 20. Dans 64% des cas, l’insulte contient les mots « salope » (27%), « pute » (21%) ou « connasse » (16%). » Face à ces chiffres, que nos représentants ne peuvent ignorer, comment supporter que leurs propos viennent s’ajouter aux terribles statistiques, quand nous aurions au contraire attendu qu’ils se mobilisent et prennent des mesures à la hauteur des enjeux !

Crier au « dérapage » est inapproprié, quand le sexisme en politique est récurrent. Stéphane Ravier avait d’ailleurs par le passé affirmé faire une boutade en déclarant « le viol, c’est un rapport amoureux, qu’une partie des deux souhaite. La deuxième pourrait faire un effort. »

Cela n’est pas de l’humour et au-delà du rappel au règlement, l’injure sexiste est passible d’1 an d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende ! Faut-il le rappeler à Stéphane Ravier et Jean-Claude Gaudin ?

Les injures sexistes sont des violences du quotidien et elles s’inscrivent dans le continuum des violences patriarcales et masculines contre les femmes. Ce sont les mêmes enjeux et les mêmes mécanismes qui produisent les blagues sexistes, le harcèlement de rue, les violences conjugales, les viols et les féminicides. Le même sentiment de supériorité des hommes envers les femmes, la même tentative de contrôle de nos corps, notamment par notre sexualisation permanente.

Parce qu’il ne faut rien laisser passer, parce qu’aucune petite phrase sexiste n’est anodine, nous attendons l’exemplarité de ceux qui sont censés nous représenter !

Signataires : Osez le féminisme 13! – Femmes solidaires Marseille – Images et paroles