Aujourd’hui à Paris, seules 2,6% des rues portent le nom d’une femme illustre. Une seule station de métro porte le nom d’une femme : Louise Michel. A l’occasion des 45 ans du Mouvement de Libération des Femmes, Osez le Féminisme ! interpelle la Maire de Paris, Anne Hidalgo, sur la nécessité de valoriser dans l’espace public des femmes exceptionnelles et trop souvent méconnues.

Les noms de rues attestent de notre histoire : ils relèvent d’un choix politique, révélateur des valeurs que la ville souhaite incarner. Tandis que les hommes honorés sur des plaques de rue sont légion, seules quelques 160 femmes, pour la plupart épouses ou filles d’hommes célèbres, sont ainsi valorisées à Paris. Notre histoire regorge pourtant de scientifiques, d’écrivaines, de militantes, de femmes politiques, d’artistes, de résistantes, qui méritent la reconnaissance du pays.

Osez le Féminisme ! rend aujourd’hui hommage à ces femmes invisibilisées, dans le quartier de l’Ile de la Cité :
Toutes les rues du quartier ont été rebaptisées des noms de femmes illustres telles que la navigatrice Florence Arthaud, la physicienne Lise Meitner ou encore l’écrivaine Assia Djebar.
Des œuvres réalisées en partenariat avec la street artiste BauBô sont exposées dans les rues. Il s’agit d’un assemblage de carrés de crochet, représentant les noms des femmes oubliées de l’histoire.

Au même titre que l’entrée de femmes au Panthéon ou que l’organisation de Journées du Matrimoine, l’attribution de noms de rues à des femmes a pour but de faire sortir de l’ombre ces personnalités injustement ignorées de notre histoire collective.

«L’attribution d’un nom à un espace public ne doit être ni de nature à provoquer des troubles à l’ordre public, ni à heurter la sensibilité des personnes, ni à porter atteinte à l’image de la ville ou du quartier concerné », indique le Ministère des Collectivités territoriales en 2011.
Avec seulement 2% des rues françaises qui portent des noms de femmes actuellement, on peut se demander dans laquelle de ces catégories les femmes tombent, pour être si peu visibles dans nos villes.

La Mairie de Paris a manifesté sa sensibilité au sujet en baptisant toutes les stations de la ligne 3 du tramway de noms de femmes, en 2012. Aujourd’hui, Osez le Féminisme ! demande à Anne Hidalgo d’aller plus loin.

Nous demandons à ce que d’ici 2019, autant de femmes que d’hommes donnent leurs noms à des rues de Paris. Afin que les femmes ne soient pas constamment reléguées à la périphérie et aux lieux peu fréquentés et peu connus, nous demandons également à ce qu’une grande place parisienne soit attribuée à une femme. Enfin, des noms de femmes pourraient être donnés à tous les nouveaux établissements publics.

Il est temps de réhabiliter la place des femmes dans notre histoire !
Retrouvez les biographies des femmes valorisées sur l’Île de la Cité, des photos de l’action et plus d’informations sur notre campagne sur notre site femicite.fr