Le verdict du procès dit Baupin aujourd’hui est tombé : Denis Baupin est débouté de toutes ses demandes et condamné à payer 500 euros à chaque prévenue pour chacun des articles de presse incriminés (fruits d’une collaboration de Mediapart et France Inter). Enfin !

Procès dit Baupin, puisque Denis Baupin était en réalité le plaignant dans ce procès. Cette énième tentative d’inversion de la culpabilité  contre les victimes a donc échoué. Cette stratégie consistant à attaquer les victimes de violences masculines en diffamation est bien connue, décryptée et dénoncée. Le travail pionnier de l’AVFT est à saluer en la matière (#ArroseurArrosé 1, 2, 3 et 4), et ouvre la voie, du point de vue politique comme jurisprudentiel, à une meilleure protection des femmes harcelées dans un milieu professionnel. De la même manière, lors du procès intenté par Denis Baupin, c’est toute sa stratégie d’agresseur qui a été exposée.  

Cette stratégie d’agresseur a enfin été reconnue et punie par la justice : en plus d’être débouté de toutes ses demandes, Denis Baupin est condamné à payer 500 euros à chaque “prévenue” pour la reconnaissance du coût moral et financier que cette procédure a fait peser sur les victimes.

Celles qui ont été les prévenues de ce procès, les victimes des violences sexuelles commises par  Denis Baupin, doivent être connues et reconnues comme des héroïnes.

Isabelle Attard, Elen Debost, Annie Lahmer, Sandrine Rousseau, et toutes les autres, des héroïnes qui avant le mouvement #MeToo ont créé une onde de choc en France quant à l’urgence de lutter contre les violences masculines et l’impunité des agresseurs.

Beaucoup reste à faire, notamment en politique. Les élus sont très loin de l’exemplarité qu’ils nous doivent, comme le rappelle le collectif Chair collab à l’Assemblée nationale ou encore les actions menées au Havre et à Cabourg.

Beaucoup d’autres femmes subissent des violences sexuelles dans le milieu politique, commises par des hommes qui empêchent ainsi le respect de la parité et la construction de l’égalité de fait.

Comme à toutes les victimes de violences de Baupin, à toutes les femmes qui chaque jour subissent les violences patriarcales, nous disons : nous sommes de votre côté et nous travaillons à construire une société à la hauteur de votre courage et de vos besoins, plainte ou pas plainte.

Tous les agresseurs, harceleurs, violeurs, qui espèrent être protégés et impunis à jamais vont apprendre tôt ou tard que la honte, la culpabilité et la peur sont en train de changer de camp. La colère et la solidarité des filles et des femmes ont cette puissance là : Winter is coming.

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