*english version below*

Aujourd’hui s’ouvre le deuxième Congrès international contre l’exploitation sexuelle des femmes et des filles, sous le mot d’ordre “Last Girl First”. Organisée à New Delhi par CAP International (Coalition pour l’Abolition de la Prostitution) et Apnee Ape, cette rencontre est l’occasion de réunir des organisations féministes des quatre coins du monde pour travailler à une stratégie commune de lutte contre le système prostitueur.

Osez le féminisme ! y participe, au milieu de 250 autres représentant.e.s de la société civile venu.e.s de plus de 30 pays. Nous interviendrons notamment lors d’une plénière consacrée à l’engagement des jeunes pour l’abolition, fortes de l’expérience de l’association, qui a pleinement participé à la bataille pour obtenir la loi française, y compris en mobilisant les organisations de jeunesse (UNEF, UNL, Mouvement des Jeunes socialistes, Union des Etudiants Communistes, les Jeunes Communistes, les efFRONT-é-e-s) au sein du collectif “Les jeunes pour l’abolition.”

La France est devenue un modèle, en adoptant la loi dite “abolition” le 13 avril 2016, au même titre que la Suède avant elle. Pourtant, le retard des décrets d’application, le manque de moyens alloués, la nécessité de porter ces avancées au niveau européen et international, nous rappellent que tout reste à faire.

Le congrès est l’occasion de réfléchir ensemble aux leviers de mobilisation, aux outils (notamment à la nécessité d’un arsenal législatif) ainsi qu’aux enjeux locaux, en particulier en Asie du sud-est où la prostitution est malheureusement largement répandue.

Loin d’être  un “travail du sexe”, terme qui minimise les dommages causés à l’encontre des filles et des femmes, ce système au carrefour de toutes les dominations, impose des violences sexuelles tarifées aux plus vulnérables.

Le patriarcat, dont le viol est l’arme principale, n’a pas de frontière. Or, on ne peut combattre efficacement le viol si l’on ne s’attaque pas à l’un des piliers de sa démultiplication et de son impunité : la prostitution. Cette rencontre internationale, c’est aussi se donner la force et les moyens d’avancer ensemble contre toutes les violences sexuelles !

Osez le féminisme ! réaffirme donc l’abolitionnisme comme l’une de ses valeurs cardinales. Nous ne cesserons pas de lutter pour l’abolition de la prostitution, à tous les niveaux et avec l’ensemble des moyens à notre disposition.

 

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Osez le féminisme! in New Delhi to further the abolition of prostitution

Today begins the second International Abolitionist Congress against the sexual exploitation of women and girls, under the slogan Last Girl First”. Organized in New Delhi by CAP International (Coalition for the Abolition of Prostitution) and Apne Aap, this encounter provides an opportunity to gather feminist organizations from around the world to develop a common strategy against the system of prostitution.

Osez le féminisme! is contributing to the Congress, along with 250 other representatives of civil society hailing from over 30 countries. In particular, we will intervene during a workshop dedicated to the activism of youth and student movements for abolition. Our ties to these groups are fortified by the association’s experience during the fight to obtain a French act on prostitution, mobilizing youth organizations (UNEF, UNL, Mouvement des Jeunes socialistes, Union des Etudiants Communistes, les Jeunes Communistes, les efFRONT-é- e-s) within the collective “Youth for abolition”.

Following in Sweden’s footsteps, France has become a world model by adopting the Abolition Act on April 13th 2016. Yet, the lateness of implementation decrees, the lack of allocated means and the necessity to carry forward these advances to both European and international levels reminds us there is still a great deal to be done.

This Congress is an occasion to collectively reflect on levers of mobilization, on the various tools at our disposal (especially on the necessity of a legislative arsenal), as well as local concerns, particularly in South-East Asia where, sadly, prostitution is largely spread.

Far from being sex “work“, a term which minimizes the damage inflicted upon women and girls, this system, which lies at the crossroads of all dominations, imposes monetized sexual violence on the most vulnerable groups.

Patriarchy, of which rape is the main weapon, has no frontiers. Yet, we cannot fight against rape if we do not attack a core component of its increase and impunity: prostitution. This international meeting is also a chance to gather our strength and pool our resources to move forward together against all sexual violence.

Osez le féminisme! therefore reaffirms abolitionism as one of its fundamental values. We will not cease to fight for the abolition of prostitution at all levels and with all means available.