Dans une décision rendue publique le 3 octobre 2018, le Conseil d’Etat estime que le refus de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) aux couples de femmes n’est pas discriminatoire. Saisi en juin par un couple de lesbiennes, les juges évoquent dans leur décision que “le principe d’égalité ne s’oppose ni à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes ni à ce qu’il déroge à l’égalité pour des raisons d’intérêt général”.  On apprend donc que la discrimination lesbophobe pourrait être d’intérêt général. Voilà le dernier épisode d’un mauvais feuilleton, de l’installation d’une controverse dangereuse…

La PMA pour toutes n’est pas un débat bio-éthique, c’est le respect des droits des femmes

Depuis plusieurs semaines nous faisons face à une succession de séquences au profit des opposants à la PMA, ceux dont les principaux combats consistent à lutter contre nos droits. Conseil d’Etat, Eglise catholique, extrême-droite… Sous couvert de débats “bio-éthiques” ou sur les “modèles familiaux” c’est aux plus conservateurs qu’est donnée la parole. Pourquoi les premières concernées ne sont pas écoutées ? Qu’en est-il de la parole des lesbiennes, des femmes en général ? Le droit pour toutes d’accéder à la PMA est une nécessité. Plusieurs instances se sont déjà déclarées favorables à l’ouverture de la PMA à toutes les femmes : le Défenseur des droits et le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes en 2015, le Comité consultatif national d’éthique en 2017 et 2018.

 

La réalité de la PMA en France

Osez le Féminisme ! tient à rappeler quelques évidences : la PMA est une technique reproductive déjà utilisée en France, par plusieurs dizaines de milliers de couples hétérosexuels chaque année. Les femmes seules et en couples lesbiens, elles, sont contraintes de recourir à des pratiques dangereuses pour elles et leurs enfants (rapports sexuels non désirés avec un homme, achat de sperme en dehors des circuits légaux, insémination artisanale).Celles qui en ont les moyens choisissent souvent de se rendre dans d’autres pays pour pratiquer une PMA. Dans tous les cas, elles font face à des conditions juridiques de filiation compliquées. L’ouverture de la PMA à toutes est bien une question d’égalité, entre tous les couples, entre toutes les femmes !

Le temps des tergiversations est même passé : il y a urgence à agir. Laisser s’installer un débat fumeux c’est provoquer un pourrissement de la situation dont les femmes sont les victimes. Osez le Féminisme ! réclame tout au contraire du pouvoir le respect des engagements de campagne et une action politique rapide pour faire de la PMA Pour Toutes une réalité.

 Signez la pétition qui interpelle Emmanuel Macron et le gouvernement, #PMAPourToutes.