Une enquête parue sur France Inter et Mediapart aujourd’hui révèle des faits d’agressions sexuelles, perpétrées par Denis Baupin, député et vice-président de l’Assemblée nationale, nommé récemment au Conseil de la simplification des entreprises, rattaché aux services du Premier Ministre.

Osez le féminisme ! tient tout d’abord à exprimer toute sa solidarité aux trois femmes qui ont accepté de témoigner des agressions qu’elles ont subies. Leur courage force le respect et nous les remercions infiniment : en brisant le silence, elles contribuent à faire avancer le combat contre les violences machistes. Car ce combat est loin d’être achevé : 83000 femmes sont victimes par an de viols ou tentatives de viol. Dans 83% des cas, elles connaissent l’agresseur. Pourquoi seulement 11% d’entre elles portent plainte ? A cet égard, l’affaire révélée par France Inter et Mediapart est riche d’enseignements : de quelle marge de manoeuvre dispose une femme victime quand l’homme qui l’a agressée a tous les leviers pour la faire taire ? Menaces, intimidations, chantage, achat du silence, mais aussi la peur de ces femmes de ne pas être crues, et, dans ce cas précis, de voir leurs ambitions politiques réduites à néant. Certaines ont préféré renoncer à travailler sur des sujets qui les intéressaient, plutôt que de se confronter à ces hommes qui agissent en toute impunité.

Penser que l’affaire Denis Baupin est isolée est une erreur : depuis plusieurs années, des hommes politiques ont été impliqués dans des affaires de violences machistes : Dominique Strauss-Kahn (qui mit fin à la procédure judiciaire américaine par une transaction financière), George Tron (renvoyé aux Assises pour viols aggravés), plus récemment Jean-Michel Baylet (article paru dans Buzzfeed le 10 mars dernier), Michel Sapin, et maintenant Denis Baupin. Pour 5 affaires qui sortent publiquement, combien d’autres sont étouffées, dissimulées, condamnant les victimes au silence

Osez le féminisme ! demande l’exemplarité en politique. Lutter contre les violences machistes implique de ne pas laisser les hommes les plus puissants de notre pays agresser des femmes sans être inquiétés. L’impunité ne s’achète pas, et nous attendons des signaux forts au plus haut sommet de l’Etat. Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, combien de temps allez-vous tolérer que deux hommes de votre gouvernement (Messieurs Baylet et Sapin) et l’un nommé dans un service rattaché au gouvernement (Monsieur Baupin) restent à leurs fonctions ?