ActualitésCommuniqué de presse

Les Gang-bangs sont une atteinte à la dignité humaine des femmes

Nous, associations féministes, dénonçons une décision scandaleuse du Tribunal administratif de Paris, qui suspend en référé l’arrêté préfectoral ayant ordonné la fermeture d’un local où des dizaines d’hommes pénétraient et assaillaient sexuellement une femme contre paiement. Des pratiques violentes, sexistes et contraires à la dignité humaine des femmes. Nous, associations féministes, présenteront un mémoire au soutien du pourvoi au Conseil d’État  pour contester cette décision indigne.

Le 9 février 2026, le Tribunal administratif de Paris, saisi en référé, a jugé bon de suspendre l’arrêté de la préfecture de Paris du 21 janvier 2026 ordonnant la fermeture de la « Factory » qui abrite des gang-bangs violemment sexistes. La décision de fermeture de la préfecture de Paris était motivée par le fait que les pratiques étaient contraires à l’ordre public, à la dignité humaine et favorisaient la commission d’infractions pénales (notamment proxénétisme ou violences sexuelles).

En effet, ce local dans le XVème arrondissement de Paris abrite des séances de violences sexuelles lors desquelles des dizaines d’hommes, inconnus, pénètrent tour à tour, contre paiement, une femme jetée en pâture, dans une déshumanisation totale. Ces mises en scène reposent sur l’érotisation de la violence sexuelle exercée contre les femmes et s’inscrivent dans un système de domination masculine. Elles exposent les femmes concernées à des risques sérieux d’abus, de violences sexuelles et de contraintes, et soulèvent de lourdes suspicions d’infractions pénales, notamment de proxénétisme, comme l’ont déjà révélé plusieurs procédures judiciaires récentes.

Ces actes ne relèvent ni de la liberté individuelle ni de l’autodétermination sexuelle, mais constituent au contraire des pratiques discriminatoires et misogynes portant gravement atteinte à la dignité humaine des femmes.

Et pourtant, le 9 février, dans une décision scandaleuse, le juge des référés a suspendu cet arrêté préfectoral, permettant ainsi la réouverture du lieu, arguant qu’il n’y a ni trouble à l’ordre public, ni plainte permettant de supposer des infractions pénales.

Sur la question de l’absence d’infractions pénales, la société requérante a exhibé des « attestations ambiguës » émanant de femmes se déclarant « consentantes » à subir ces actes violents. Cela ne saurait constituer la preuve d’un consentement libre et éclairé. Au contraire. Comme l’a rappelé la Cour européenne des droits de l’homme, par sa décision du 4 septembre 2025 AE et AVFT France, de tels « contrats » de « consentement » ne sauraient rapporter la preuve d’un consentement sexuel et au contraire doivent s’analyser comme « un des instruments du contrôle coercitif »  de l’agresseur, pouvant traduire des situations de contrainte, de soumission sexuelle ou de pressions économiques et sociales.

Le 4 mars 2026, un article du Parisien nous apprend que le préfet a signalé au procureur viol et abus de faiblesse présumés à l’encontre d’une femme au cours d’un gang bang dans ce même local, finissant de ruiner tout l’argumentaire bancal et scandaleux du Tribunal Administratif qui a suspendu la fermeture en février.

Ces pratiques de type « gang bang », où des hommes font la queue pour pénétrer successivement une femme, ne peuvent en aucun cas être qualifiées de relations sexuelles respectueuses et mutuellement désirées. Elles constituent une forme de réification de l’être humain et le prolongement de rapports de domination incompatibles avec les principes fondamentaux de dignité, d’égalité et de protection contre les violences sexuelles.

Nous, associations féministes, avons décidé de présenter un mémoire en intervention lors du pourvoi devant le Conseil d’État suivant la décision du Tribunal administratif. Nous appelons la justice à prendre pleinement la mesure de la gravité de ces faits et à garantir une protection effective des femmes contre toutes les formes de violences sexuelles.