Affaire Cédric Prizzon : reconnaître et traiter le terrorisme masculiniste
Osez le Féminisme apporte son soutien à la mobilisation citoyenne demandant la saisine du Parquet national antiterroriste (PNAT) dans l’affaire Cédric Prizzon.
Les éléments rendus publics montrent une trajectoire marquée par des violences masculines répétées, des faits de harcèlement et des menaces explicites à l’encontre de son ex-compagne, dans un contexte de discours publics antiféministes et de défiance vis-à-vis des institutions. Cet homme, ancien policier, s’inscrivait notamment dans des réseaux et discours proches du mouvement dit des « droits des pères », qui constitue un mouvement masculiniste structuré et dangereux, diffusant une vision des femmes comme responsables des injustices subies par les hommes.
Ces faits ont culminé dans des violences d’une extrême gravité, avec un double féminicide. Ces violences ne peuvent être réduites à un « drame familial ». Elles s’inscrivent dans un continuum de violences masculines, nourries par des idéologies masculinistes qui légitiment la haine des femmes et construisent les hommes comme des « victimes » des femmes et de la justice.
Nommer ces dynamiques est essentiel. Dans certains cas, ces idéologies participent à des passages à l’acte meurtriers. Elles doivent être reconnues comme un facteur structurant du risque de violence.
Dans ce contexte, la saisine du PNAT doit être envisagée afin d’examiner la qualification de terrorisme masculiniste. Cette reconnaissance permettrait de mieux prendre en compte la dimension idéologique de ces violences et d’adapter les réponses judiciaires et de prévention.
Cette affaire met également en lumière des défaillances persistantes dans la protection des femmes victimes de violences, en particulier après une séparation, malgré des signaux d’alerte répétés.
Osez le Féminisme appelle à :
- examiner la qualification de terrorisme masculiniste
- renforcer les dispositifs de détection et de protection des femmes victimes de violences
- lutter contre la diffusion des discours masculinistes qui alimentent ces passages à l’acte
Nommer les violences est une condition pour les combattre.
