Pourquoi nous parlons de « violences masculines » ou « violences sexistes et sexuelles » et non pas « d’abus »
Le combat porté par Osez le Féminisme se traduit notamment par la déconstruction des éléments de langage qui normalisent ou euphémisent les violences sexistes et sexuelles C’est pourquoi nous nous opposons à l’utilisation du terme “abus” pour désigner un acte par lequel un homme impose un comportement violent à une femme ou un enfant. Nous utilisons l’expression “violences masculines » qui visibilise pleinement les agresseurs et la gravité de leurs actes.
L’expression “abus” tend à minimiser la réalité des actes de violences en suggérant un excès ponctuel, voire accidentel. Elle dilue ainsi la gravité du phénomène et occulte les rapports de domination patriarcaux dans lesquels il s’inscrit. Évoquer des “abus” individualise le problème des violences sexistes et sexuelles, échouant à souligner leur nature systémique.
Le terme “violence masculine” permet au contraire de nommer une réalité structurelle : les violences sexistes et sexuelles sont majoritairement exercées par des hommes sur des femmes ou des enfants. Rappelons par exemple que 85% des personnes mises en cause pour des faits de violence conjugale sont des hommes¹. Cette terminologie souligne que ces actes ne sont pas isolés les uns des autres, mais bien inscrits dans un continuum.
¹Violences conjugales enregistrées par les services de sécurité en 2025, Ministère de l’intérieur
