Chronique judiciaire. Alexandra Richard humiliée, niée et condamnée : un procès sous le signe de la toute-puissance masculine et du déni de la parole des femmes

La justice refuse une nouvelle fois la légitime défense à une femme victime de violences conjugales. Retour sur un procès honteux, théâtre d’humiliations et de dénigrements, qui culpabilise et revictimise une victime.

Alexandra Richard vient d’être de nouveau condamnée en appel à 10 ans de prison pour homicide volontaire sur la personne de son conjoint violent, Sébastien Gest. Ce verdict inique et presque impossible à croire est tombé le samedi 23 octobre à 20h30. La Cour d’assise d’Évreux a rendu quasiment le même verdict qu’en première instance (novembre 2020). N’avons-nous rien appris sur la légitime défense des femmes victimes de violences conjugales depuis les affaires Alexandra Lange (acquittée en 2012, à la demande du procureur Luc Frémiot) et Adriana Sampaio (acquittée en 2020) ? Ni rien sur le phénomène d’emprise – pourtant entré dans le code pénal via la loi du 30 juillet 2020 – depuis  Jacqueline Sauvage (graciée en 2016) ou Valérie Bacot (libérée en 2021) ?

Ce procès tout entier traduit l’incapacité de la justice à comprendre le phénomène des violences conjugales et ce qu’elles produisent sur les victimes en termes de psychotraumatismes, de mémoire traumatique, de souvenirs parcellaires. On a accusé Alexandra Richard d’être dans la “surenchère”, d’en rajouter sur les violences qu’elle a rapportées durant le procès. Pourquoi ? Parce qu’elle n’avait jamais mentionné certaines de ces violences auparavant. Elle aurait dû se souvenir de tout, tout dire, dès la première audition par la police pendant les 48h de garde à vue qui ont suivi le drame, alors même que la défense a fait valoir que les gendarmes ne lui ont pas laissé la possibilité de livrer un récit plus complet, qui lui aurait permis de recontextualiser son geste. Lors de ces deux auditions, trop courtes, on lui a demandé par deux fois d’abréger son discours sur les violences vécues avec Sébastien Gest, et d’en venir aux faits du 16 octobre 2016, jour du drame. 

Un procès hors normes dans sa tenue

Ce procès s’est déroulé de manière honteuse : l’avocat général, Patrice Lemonnier, a maintenu durant cinq jours une posture archaïque et patriarcale, volontairement provocatrice. Il s’est permis de crier sur les témoins et les experts dès lors que ceux-ci étaient en faveur d’Alexandra, leur coupant même la parole, les intimidant à loisir, sans jamais être rappelé à l’ordre par la Présidente, Julie Arzuffi. Cette dernière n’a mené aucune police d’audience durant le procès, laissant l’avocat général, en roue libre, tenir des propos ouvertement sexistes, gratuitement offensants, des commentaires désobligeants clairement en rupture avec les obligations de déontologie des magistrats.

Nous pouvons même affirmer qu’elle a joué un double jeu : d’apparence calme et posée – on aurait pu penser qu’elle assurerait la sérénité des débats – , elle a été la caution de l’attitude inqualifiable du procureur. Peut-être a-t-elle même  fait preuve de dureté au moment des délibérés, puisque le verdict a porté à 15 ans l’interdiction pour Alexandra Richard de porter une arme -mesure certes automatique en cas d’homicide. C’est 10 ans de plus qu’en première instance ! (Or, ce n’était pas une demande de l’avocat général qui n’a fait aucune référence à l’interdiction de port d’armes.)

Alexandra Richard est traitée comme une personne dangereuse alors que le risque de récidive a été explicitement écarté par tous les experts psychiatres, qui l’ont dépeinte comme une personne à la construction psychologique saine, sans profil criminogène. L’interdiction de port d’armes, mesure qui aurait pû être utile et efficace si elle avait été imposée à Sébastien Gest – un homme violent passionné par les armes, condamné en 2001 pour violences volontaires aggravées par préméditation et usage d’une arme, et contre lequel plusieurs femmes avaient porté plainte – est, dans un renversement de la réalité, appliquée à sa victime qui a cherché à défendre sa vie. Cette interdiction de porter une arme aurait dû frapper en premier lieu le conjoint violent d’Alexandra Richard. Cette peine infamante qui ajoute 10 ans à l’interdiction de port d’arme, prouve la coloration politique de ce procès : on ne traite pas les femmes et les hommes de la même manière, on ignore la volonté de tuer de Sébastien Gest mais on prête à Alexandra des intentions criminelles qu’elle n’a jamais eu !

Ironie ! Car tout le long du procès, on a reproché à la défense et aux soutiens féministes d’Alexandra de politiser les faits, comme si le politique ne se trouvait que d’un côté… Tout est politique ! Toute parole est évidemment située, aussi bien celle de l’accusation que celle de la défense, aussi bien celle d’une justice patriarcale que celle des associations féministes. C’est un discours typique et récurrent du conservatisme que d’attacher les termes “militant”, “partisan”, “politique” au camp progressiste.

Le but de la manœuvre, menée principalement par l’avocat général, était de rejeter toute recontextualisation des faits. Il a par exemple cherché à discréditer et à dénigrer, avec l’appui de la Présidente, un témoignage clé : celui de la présidente du Collectif Féministe Contre le Viol (voir ci-dessous). L’autre finalité était de faire peur aux jurés, avec ce mot lâché comme un danger, “politique”, assorti d’une connotation volontairement péjorative, comme pour dire aux jurés qu’ils risquaient d’être manipulés par quelque chose qui les dépasse, or personne n’aime se sentir manipulé. Mais lorsque l’on appuie sur des peurs et que l’on convoque des stéréotypes issus de notre imaginaire patriarcal commun, dans lequel les hommes sont injustement accusés et les femmes sont des menteuses, dans lequel les agresseurs ont des excuses et les victimes l’ont bien cherché, on obtient souvent ce que l’on veut… C’est ainsi que l’obscurantisme, dans ce procès, a triomphé au détriment de la vérité.

EXTRAITS DES DÉBATS

L’avocat général, Patrice Lemonnier

À la mère d’Alexandra : d’emblée, il lance “Vous avez réponse à tout”. Puis l’interrompt, lui crie dessus, tandis qu’elle rectifiait un terme qu’il venait d’employer : “Vous avez l’air d’aimer couper la parole des autres mais moi aussi !”, puis “Taisez-vous !” avec une rare brutalité, donnant ainsi le ton, dès le premier jour des débats.

À Abigaelle, fille cadette d’Alexandra, 16 ans : “Comment voulez-vous qu’on vous croie [sur le reste de votre témoignage] ?” – sous prétexte qu’elle et sa sœur aînée de 19 ans, Enola, disent toutes deux avoir porté le bébé le jour du drame, après l’arrivée des gendarmes. Elles l’ont tout simplement porté tour à tour comme l’a ensuite expliqué Abigaelle.

Aux avocats de la défense, Maîtres Questiaux et Dekimpe : “Vous allez payer les pots cassés !” – intimidation, menace…

À Maître Questiaux : “C’est sans doute à cause de votre jeune âge…” – sexisme, infantilisation des femmes, même lorsqu’elles sont avocates.

À l’expert psychiatre, en s’emportant très vivement : “Vous avez utilisé le mot “réification”, est-ce que vous savez ce que ça veut dire ?” – Tentative de discrédit de l’expert qui emploierait des mots trop forts, dont il ne comprendrait pas la signification. Réifier quelqu’une, c’est tout simplement la chosifier, la traiter comme un objet. C’est un terme tout à fait adapté pour décrire ce que faisait Sébastien Gest à Alexandra Richard lorsqu’il la violait.

À Maitre Questiaux, qui demande la définition juridique du viol à un gradé de la gendarmerie chargé de l’enquête, et avant que celui-ci ne puisse répondre : “Mais donnez-la, la définition du viol !”– Sauvant ainsi de l’embarras un gendarme muet, visiblement ignorant en matière de violences sexistes et sexuelles.

À Emmanuelle Piet, présidente du Collectif Féministe Contre le Viol (CFCV), citée en qualité de témoin : il lui demande pourquoi elle est là, quel est le rapport entre un collectif contre le viol et une “affaire de meurtre”. Lorsque Maître Questiaux veut expliquer pourquoi elle a demandé à Madame Piet de témoigner, autant à l’intention du jury que de l’avocat général, celui-ci la coupe brutalement, en criant qu’il a posé une question à un témoin et pas à Maître Questiaux – la manœuvre de l’avocat général est évidente : maintenir l’ignorance autour du fait social des violences conjugales, qui comprennent toujours des violences sexuelles, et nier la pertinence d’apporter des éléments d’éclairage sur cet enjeu clé du procès, via la parole de personnes formées et instruites sur ces questions.

Quand Alexandra Richard a témoigné des violences qu’elle avait vécues, il l’a accusée de mentir, révélant une fois de plus son incapacité – feinte ou réelle – à comprendre que le récit des victimes puisse évoluer au fil du temps : “On ne peut pas ne pas s’en souvenir !” – négation totale des conséquences psychotraumatiques des violences, de l’amnésie traumatique notamment.

Il a également, à plusieurs reprises, lorsque les déclarations des témoins divergeaient, pris le parti de croire un témoin plutôt qu’un autre, puis de présenter à des témoins tiers ou aux experts la version qu’il avait élue comme un fait établi. Il a déstabilisé des témoins et mis en cause leur crédibilité avec une fausse question : “Et si je vous dis que c’est faux ?” – Par exemple, sur le fait que les enfants n’avaient pas le droit de rester au rez-de-chaussée car ils troublaient la tranquillité de Sébastien Gest (ce que les filles d’Alexandra ont confirmé).

Dans une minimisation ahurissante de la violence de Sébastien Gest : “Il m’arrive de boire aussi”, “j’ai quatre armes chez moi, encore un effort et je vais devenir aussi méchant que Sébastien Gest” – Alors que, bien évidemment, ce n’est pas son alcoolisme qui lui était reproché mais sa violence, la consommation d’alcool (qui lui permettait de se désinhiber) n’étant qu’une circonstance aggravante. Ni le fait qu’il ait eu huit armes chez lui, élément à replacer dans le cadre des multiples violences et menaces proférées à l’encontre d’Alexandra, à rattacher aussi à son tir volontaire sur le petit-ami de son ex, à 19 ans. D’ailleurs, quand Sébastien Gest menaçait Alexandra de mort, il se basait sur ce fait : “Tu sais que j’en suis capable, je l’ai déjà fait”.

L’avocat général a également remis en cause le coup de poing reçu au ventre par Alexandra lorsqu’elle était enceinte, lors d’une soirée, en précisant qu’il pouvait s’agir d’une “gifle appuyée”.

Au moment de son réquisitoire, il est revenu, pour les justifier, sur les insuffisances – soulignées en amont par la défense – des deux auditions menées par les gendarmes lors de la garde à vue d’Alexandra en disant qu’ “en 48h vous ne pouvez pas faire ce travail-là” à savoir “trouver des témoins, interroger la gardée à vue, cerner une ambiance…”, avouant donc à demi-mot qu’il reconnaissait que ces auditions n’avaient pas permis à Alexandra de livrer une parole plus complète, qu’il exigeait pourtant d’elle pendant le procès, en l’accusant de varier dans ses déclarations.

Patrice Lemonnier s’est-il rendu compte qu’il était finalement  d’accord avec la défense sur les dysfonctionnements du système, qui ne sont pas imputables aux seuls gendarmes, mais dont les victimes comme Alexandra Richard font au final les frais ?

Malgré cette attitude agressive qu’il a conservée tout au long des débats, il a montré un tout autre visage durant son réquisitoire, celui de quelqu’un de prétendument “mesuré”, comme il l’a explicitement dit, présentant la démesure comme étant du côté de la défense, et expliquant ses emportements antérieurs par son caractère “sanguin”. On voit bien toute la manipulation derrière ce revirement, cette attitude soudainement beaucoup plus calme. Les termes de “mesure” / “démesure” reviendront à plusieurs reprises au cours de son réquisitoire, comme pour bien les ancrer, telle une vérité, dans l’esprit des jurés : “La démesure je l’ai côtoyée depuis mardi et ça ne me plait pas”. Ou encore : “Je ne peux pas être dans la démesure, je représente les intérêts de la société”. Une farce absolue venant de celui qui a fait preuve de brutalité et de mépris durant les jours précédents, autant vis-à-vis des témoins que de la défense. Il a également rappelé qu’“il y a des règles !” – sans doute ne s’appliquent-elles pas à lui…

Dans un exemple parfait de négation des violences sexuelles propre à la culture du viol, il remettra en doute le fait que Sébastien Gest était un violeur.Il a lu un échange SMS faisant état d’une scène de viol de la veille, Sébastien ne s’excusant pas auprès d’Alexandra mais se justifiant par le fait qu’il “avait besoin de son corps”. L’avocat général a fait passer cet échange pour la preuve d’une relation sexuelle consentie, niant la réalité du viol conjugal.

Il a aussi cherché sans relâche à réhabiliter Sébastien Gest, comme si celui-ci avait été sali, en feignant de reprendre un vocabulaire qui n’a jamais été utilisé par la défense, mais seulement par lui-même et par les avocates des parties civiles : il a souligné “cette propension à présenter Sébastien Gest comme une ordure absolue” (tout en disant qu’il “n’[était] pas là pour le défendre” : “Je n’ai pas de client”), un “salaud de chez les salauds”, “une ordure”, “un biturin”. Des mots que la défense n’a jamais employé, comme l’a rappelé Maître Dekimpe lors de sa plaidoirie.

Après s’être stratégiquement présenté comme la voix de la raison, comme celui qui vient rééquilibrer les choses, il a peint à grands traits le portrait d’un homme en rupture totale avec la réalité de ce qu’était Sébastien Gest, à savoir un conjoint violent et dangereux. Ainsi, des propos aussi euphémisants que “Moi je dis qu’il avait à l’évidence des travers…”, auraient dû en principe faire perdre toute crédibilité à ce réquisitoire auprès de quiconque avait suivi ce procès et ayant un tant soit peu cerné la personnalité de Sébastien Gest… Le verdict qui a suivi a pourtant dérogé à cette logique. De la même manière, c’est cette stratégie qui lui a permis de dire avec le plus grand des calmes : “Il [Sébastien Gest] a pu être énervé par un week-end passé à cinq, générateur d’anxiété pour lui”. Un récit qui tranche brutalement avec la journée émaillée de menaces de morts vécue par Alexandra (qui a si peur qu’elle demande à Laetitia Lemoine, l’ex-compagne de Gest, de rester), une inversion spectaculaire de la réalité : Alexandra Richard devient la méchante, responsable d’un week-end qui s’est mal passé.

Toutes ces minimisations concernant la dangerosité et la violence de Sébastien Gest vont pourtant trouver une contradiction dans la bouche même de Patrice Lemonnier : en effet, il ne nie pas l’existence des menaces de mort en elles-mêmes, qui se sont répétées durant des années, mais il refuse à Alexandra Richard le droit de les avoir prises davantage au sérieux le jour du drame : “Il ne s’est rien passé [jusque-là] en terme d’atteinte létale” ;“Ça fait des années qu’elle est menacée de mort, il ne se passe rien ! Quel est l’intérêt de tuer ce jour-là ?”ce jour où les menaces étaient montées crescendo tout au long de la journée…

Nous avions entendu le même argument durant le procès d’Adriana Sampaio, finalement acquittée pour légitime défense… Comme si la seule “bonne victime” était la victime morte. Pourtant, on sait que les féminicides ont souvent lieu après des années de menaces de mort !

Mais le plus étonnant dans le réquisitoire de Patrice Lemonnier est peut-être le doute qui en ressort et qu’il ne cherche pas à cacher : “Je ne peux pas en déduire grand-chose, simplement ça me préoccupe”, “Je ne sais pas ce qui s’est passé ce jour-là, nous n’en savons rien”. Et de conclure : “Pour terminer je ne sais pas ce qui s’est passé”, “Je considère [que c’est un] problème plus passionnel qu’autre chose ce jour-là”.

Malgré ce doute assumé, il a demandé à ce que soit maintenue la condamnation pour homicide volontaire assortie d’une peine de 10 ans de réclusion criminelle.

La Présidente, Julie Arzuffi

À Maitre Questiaux quand celle-ci demande à Emmanuelle Piet, présidente du Collectif Féministe Contre le Viol, si elle estime qu’il y a assez de moyens pour former les professionels à la psychotraumatologie et à la victimologie : “Ce sera un avis personnel dans ce cas-là !”. Comme si Emmanuelle Piet n’était pas légitime à s’exprimer sur l’état de la psychotraumatologie en France, malgré ses 30 ans d’expérience dans le domaine (notamment en tant que formatrice) et malgré l’expertise dont elle venait de faire preuve lors de son audition à la barre sur ces questions ! Cela démontre bien l’absence totale de reconnaissance et de respect de la Présidente pour le travail des gens investis sur le terrain pour lutter contre les violences masculines.

Emmanuelle Piet a été perçue comme ayant finalement moins d’expertise sur ce sujet que les experts psychiatres (elle avait tout au plus “un avis personnel”), alors que nous avons pu observer leurs lacunes dans ce domaine – notamment sur la notion d’emprise, malgré leurs conclusions très favorables à Alexandra, par ailleurs. Et cela montre surtout une volonté de discréditer l’ensemble du témoignage de Madame Piet.

Maître Questiaux a rééquilibré les choses en demandant à Madame Piet de présenter son parcours et son expérience (pour montrer “qu’on ne vous sort pas d’un placard à balai”, a-t-elle précisé avec humour). Emmanuelle Piet est médecin, travaille au contact de victimes de violences depuis les années 80 et fait aujourd’hui partie de la commission santé du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes.

L’avocate des parents de Sébastien Gest, Maître Capitaine

À Frédéric Blanc, ex-mari d’Alexandra et père d’Abigaelle et d’Enola : “Elle [Alexandra] a confié n’avoir jamais connu ça sexuellement avec son mari” – humiliation, aucune pertinence.

À l’une des témoins : “Vous avez une certaine empathie pour Alexandra. Et pour l’homme qui est mort ?” – culpabilisation d’un témoin, aucune pertinence.

À Joëlle Debray, ancienne amie de Sébastien Gest, atteinte d’une grave maladie : “Je ne vais pas essayer de tirer partie de votre fragilité” (sous-entendu les avocats de la défense le font) – manipulation des jurés.

Lors de son plaidoyer :

“Sébastien Gest était gentil mais il avait l’alcool mauvais” – minimisation à outrance des violences. Quid des stratégies d’isolement de sa compagne Alexandra, des brimades, des humiliations, des remontrances si elle n’était pas assez soumise, des menaces de mort, des viols et des coups quotidiens ? Était-il gentil à ces moments là ?

“Alexandra Richard va tomber dans l’excès”, “Elle est dans la surenchère” – minimisation des violences, revictimisation d’Alexandra présentée comme une menteuse. Croire les victimes est pourtant la base de leur prise en charge. Et encore une fois, méconnaissance de la mémoire traumatique : oui, le discours d’une victime évolue dans le temps, d’autant plus quand les institutions sont directement responsables de n’avoir pas pleinement recueilli sa parole (cf. les deux auditions lors de la garde à vue d’Alexandra).

“Alexandra Richard n’est pas une femme battue”, “On n’en est pas là”, “Tout ça c’est de l’invention”– déni total.

“On a tout simplement un couple qui était fusionnel, et à un moment ça a dérapé” – Un scénario digne des traitements médiatiques les plus archaïques – cf. le fameux “crime passionnel” pour traiter des féminicides ! Dans cette perspective, le problème, ce n’est plus la haine et la violence d’un homme envers sa compagne, mais une passion réciproque et destructrice ! La culpabilité passe d’un homme, une personne, à quelque chose d’aussi insaisissable qu’une émotion.

“On va vous parler de viol, de sodomie, qu’est-ce que ça veut dire ?” “Allons bon !” “On est loin du viol” – négation du vécu d’Alexandra, culture du viol.

Maître Capitaine mentionne le certificat médical établi au moment où Alexandra a porté plainte en janvier 2016, qui ne fait état d’aucune lésion ou ecchymose, comme si un seul certificat à un instant T invalidait tout le reste, les coups de ceintures, les coups de poings, les viols qui ont eu lieu les trois années précédentes.

“Lorsqu’on se présente comme une femme victime de violence, on attire la sympathie”– ce cliché est à rebours de toutes les observations de terrain : l’accueil calamiteux des commissariats, les déqualifications (dites “de droit”) de viols en agressions sexuelles par des juges qui ne savent pas reconnaitre un viol. Les femmes ne s’attirent aucune sympathie lorsqu’elles dénoncent des violences masculines, bien au contraire, on les traite exactement comme dans ce procès : on minimise et on nie les violences, on les accuse de mentir, on instrumentalise le doute (ce serait “parole contre parole”) pour assurer l’impunité des agresseurs.

“J’essaye d’être objective”– manipulation du jury.

Au sujet des déclarations d’Alexandra, Maître Capitaine mentionne sa façon de “charger la barque pour justifier pourquoi elle a tué cet homme” – Maître Capitaine plaide l’homicide volontaire. Pourtant, elle nous donne très clairement le sentiment qu’il n’y a aucun mobile à ce “meurtre”. Les experts psychiatres ont montré qu’Alexandra n’avait pas le profil d’une femme qui aurait cherché à se venger. Le fait qu’elle place ses enfants au-dessus de tout décrédibilise totalement cette thèse (elle aurait pensé à eux avant tout autre chose, et donc avant de commettre volontairement un geste qui allait l’envoyer en prison). De plus, la thèse de la vengeance n’a même pas été amenée explicitement par la partie civile, ni par l’accusation, à aucun moment – en bref, on nous présente un homicide sans mobile.

Par ailleurs, beaucoup de “je crois que”, “je pense que” qu’on retrouve aussi dans le réquisitoire de l’avocat général, qui a mentionné des “zones d’ombre” : au final le doute ressort implacablement de leurs plaidoyer et réquisitoire, doute qui est censé bénéficier à l’accusée.

L’avocate des enfants Gest, Maître Amisse-Duval

Maître Amisse-Duval a fait projeter des photos intimes d’Alexandra : de sa culotte, de son entrejambe… Il y avait des enfants dans la salle, mais aucune précaution oratoire n’a été prise pour eux – comme par exemple leur demander de fermer les yeux ou de sortir de la salle. Aucune pertinence à ces projections : l’avocate cherchait vraisemblablement à démontrer que Sébastien Gest faisait des cadeaux à Alexandra et que le couple avait une vie sexuelle pimentée par des cadeaux intimes, des échanges de photos. En quoi cela invalide-t-il le viol conjugal ? Encore un exemple de culture du viol : si on a été consentante une fois, plusieurs fois, cent fois, ça ne veut pas dire qu’on l’est à chaque fois. Ce n’est pas non plus parce qu’on reçoit de la lingerie qu’on est redevable sexuellement envers son conjoint.

L’argument des “cadeaux” de Sébastien Gest à sa compagne reviendra à plusieurs reprises, pour peindre l’image d’un homme gentil et attentionné. Ce qui dénote là encore un fossé avec la réalité des conjoints violents, qui ont deux facettes, notamment pour maintenir leur impunité grâce à un verni social, mais aussi pour mettre en place et conserver leur emprise sur la victime. Enola, la fille aînée d’Alexandra, a d’ailleurs évoqué les regards déplacés de Sébastien Gest sur sa poitrine et les vêtements à sa taille qu’il lui a offerts, “cadeaux” qu’il a laissé dans sa penderie alors qu’il n’offrait rien aux autres enfants. Cette pratique, bien identifiée dans la stratégie des agresseurs, est qualifiée de “grooming”, de “préparation” des victimes pour qu’elles baissent leur garde et se sentent redevables. Il s’agit de manipulation, et non pas de manifestations de gentillesse ou de générosité.

Autres aspects dysfonctionnels du déroulement de ce procès

Une capacité d’accueil extrêmement basse, limitée à 50 personnes selon l’évaluation des risques établie notamment en cas d’incendie, le bâtiment ne présentant pas d’équipements de sécurité qui aurait permis une jauge plus élevée. Une priorisation arbitraire des personnes, reléguant les associations féministes à la toute dernière place, nous a ainsi maintenues de facto aux portes du Tribunal pendant une grande partie des débats, alors que la règle du premier arrivé, annoncée en amont par le greffe, aurait été plus juste, et n’a donc pas été respectée. Autant nous sommes capables de comprendre un impératif de sécurité, autant nous sommes stupéfaites que rien n’ait été anticipé pour permettre au public d’assister à ce procès que l’on savait médiatisé. Il aurait suffit de deux pompiers en faction pour augmenter la jauge, par exemple. Ou bien l’installation de caméras permettant au public de suivre les débats dans une autre pièce à l’extérieur du tribunal. Le télétravail pour certains personnels administratifs aurait également permis d’augmenter la capacité d’accueil (car eux aussi comptent dans la jauge !). Une porte coupe-feu aurait pu être posée, même de nuit en quelques heures, et aurait été profitable aux audiences futures puisque ce bâtiment provisoire, utilisé depuis déjà un an (le véritable TJ étant en travaux), sera nécessaire encore 4 ans. Aurait-on pu également alléger le dispositif policier, particulièrement lourd ? Nous n’avons pas eu de véritables réponses. Il semblerait surtout que la Présidente du tribunal judiciaire (qui n’est pas la Présidente d’audience Julie Arzuffi) ait manqué de volonté.

Une audience publique sans public…

De fait, l’ensemble du personnel sur place (administratif et policier), ainsi que la Cour dans son entier mais aussi les avocats (défense et parties civiles) et l’avocat général, occupaient 38 places dans le bâtiment. Restaient donc douze places pour les parties civiles, les familles du côté d’Alexandra comme du défunt, les experts et témoins qui pouvaient rester après leur audition, et enfin la presse. Soit zéro place restante pour le public proprement dit. Très ponctuellement une place pouvait se libérer pour l’une des représentantes d’Osez le féminisme ! ou des effronté-es, à la faveur du départ d’un témoin. Aucune considération n’a donc été accordée aux associations féministes, qui se sont trouvées être la cinquième roue du carrosse, alors même qu’elles ont été les premières informatrices de la presse, tenant les journalistes au courant du déroulé du procès tout au long de la semaine, de l’ajournement du délibéré et du verdict, répondant à leurs questions pour éclairer ce fait social de nos analyses et pour déconstruire les idées reçues. Cela a permis de donner une dimension politique et pointue à la couverture médiatique de ce procès, au-delà du sensationnalisme d’usage.

Pourtant, le premier jour, la jauge de 50 a été attribuée à la salle et non au bâtiment dans son ensemble, et a même été dépassée (jusqu’à 52 personnes) ce qui a permis au public d’assister aux débats. Quand, à partir du deuxième jour, le problème s’est posé, nous avons été, en tant que représentantes d’associations féministes, escortées par la police à l’extérieur du tribunal parce que nous réclamions des explications. Un journaliste de l’AFP, stupéfait d’être lui aussi laissé dehors, a fini par être admis, portant la jauge à 51… montrant ainsi que l’impératif de sécurité présenté comme absolu, a pu trouver des ajustements.

Il était pourtant essentiel que les associations assistent à l’entièreté des débats, afin d’éviter, ou du moins d’atténuer, la possibilité qu’une nouvelle injustice se commette dans l’ombre. Car, au fond, nous savons que ce n’est pas la presse seule qui fait grand peur aux magistrats nimbés de leur toute-puissance et de leurs prérogatives qu’ils pensent intouchables. La presse relate les faits, elle prend parfois parti mais il s’agit là d’une minorité de journaux. C’est notre présence, encore une fois, et même aux portes du tribunal, qui a contribué à donner une teneur politique et analytique aux articles et reportages réalisés en amont, pendant et après le procès. Et nous ne nous donnons pas plus d’importance que nous n’en avons en écrivant cela, nous en voulons pour preuve les 5 refus de remise en liberté sous contrôle (5 demandes ayant été faites entre la condamnation d’Alexandra Richard en première instance et l’appel), sur décision du même avocat général Patrice Lemonnier, refus motivés par un prétendu  “trouble exceptionnel à l’ordre public” ! De biens grands mots pour parler de notre pétition qui a pourtant été raillée et dénigrée par M. Lemonnier pendant son réquisitoire ; il a réduit ses 44 000 signatures à 22 000, méprisé ses signataires “des gens qui ne savent même pas ce qu’ils signent” – évidemment il n’a pas fait mention de l’expertise de celles qui l’ont rédigée, ni  de ses premièr-es signataires : des politicien-nes, des représentantes syndicales, des porte-paroles d’associations, des personnalités publiques connues pour leur engagement contre les violences envers les femmes.

En bref, quand M. Lemonnier est en représentation devant une cour, il ne nous accorde aucun crédit ni aucune importance. Mais en réalité, il sait que les féministes sont à l’avant-garde d’une évolution profonde de la société, amorcée de fait, et qu’il ne pourra arrêter.

Ce procès montre que la Justice est l’un des principaux verrous dans le combat pour l’éradication des violences faites aux femmes.Ce jugement est celui d’une justice – qui ne mérite pas sa majuscule – archaïque, à rebours des évolutions sociales que nous sommes en train de vivre.

Une justice qui traite encore les femmes fondamentalement différemment des hommes : quand Sébastien Gest a tiré sur un homme par jalousie, à 19 ans, ce qui lui a valu le surnom de “Robin” (comme Robin des Bois), cela ne lui aura coûté qu’une peine aménagée de 8 mois. Il n’aura aucune interdiction de port d’armes. Mais pour Alexandra, c’est une tout autre “justice”, qui balaye sa vie entière.

Que s’est-il passé le 16 octobre 2016 ?

Toute la journée avait été ponctuée de menaces de mort : “Si tu me quittes, tu partiras les pieds devant”. Sébastien l’avait balancée contre la vitrine aux fusils, avec son bébé dans les bras, en lui demandant de choisir l’arme avec laquelle il allait la tuer. À l’issue de cette journée, Laetitia Lemoine, ex-compagne de Sébastien Gest et mère de deux de ses enfants, est venue pour discuter du planning des vacances. Alexandra lui ouvre et Laetitia reste sur le seuil de la porte. Sébastien et Laetitia échangent brièvement au sujet de la mutuelle des enfants, puis Alexandra demande à Laetitia si elle veut bien rester un peu plus longtemps, en lui faisant signe que Sébastien Gest a bu, parce qu’elle a peur de rester seule avec lui. Cette circonstance relativise déjà l’éventualité d’une intention de tuer (quand vous voulez tuer quelqu’un, vous vous assurez plutôt qu’aucun témoin n’assiste à la scène). Laetitia est d’accord, mais lui demande de rappeler Sébastien, qui est déjà reparti, et est resté sourd aux appels de Laetitia. Alexandra, qui a peur, préfère rester sur le seuil de la porte et lancer “Chou !” par deux fois. Laetita lui demande alors d’aller le chercher. Elle s’exécute, arrive devant lui et lui demande “Chou, Laetitia voudrait te parler”. Il lui lance un regard de rage, qu’elle connaît bien. Elle sait qu’il interprète son insistance comme un ordre. Il se lève enfin du canapé et lui dit “Quand l’autre va être barrée, j’te défonce la gueule !”

À ce moment-là, Alexandra est certaine qu’il va mettre ses menaces de mort à exécution, que cette ultime menace est la dernière, qu’elle va mourir. La première chose qu’elle voit est la vitrine à fusil. Elle l’ouvre et prend son fusil de ball-trap, le seul qu’elle sache manier bien qu’elle soit encore débutante. Elle y met une munition, le laisse ouvert et laisse reposer la crosse sur sa hanche. Le fusil n’est là que pour servir de menace, pour qu’il ne la tue pas. Sébastien avait descendu une demi-bouteille de whisky. Il était donc hors de contrôle, comme tous les témoins, y compris sa famille, l’ont décrit quand il avait bu. Il avance sur Alexandra jusqu’à être juste en face d’elle. Il attrape violemment le canon, tandis qu’Alexandra résiste de son côté, ce qui a pour effet de refermer d’un coup le canon. Le professeur de ball-trap l’avait dit de façon catégorique lors de son audition : quand on referme un fusil de ball-trap d’un coup sec, une erreur faite par de nombreux débutants, que le fusil est chargé et que le doigt est sur la queue de détente, le coup part à tous les coups. “On verra ce que dira l’expert balistique”, avait lancé l’avocat général. “C’est tout vu !”, avait répondu le professeur.

C’est exactement ce qui s’est passé ici : Alexandra, terrorisée, avait le doigt sur la détente. Elle ne l’a jamais nié. Les choses semblent donc assez claires : au moment où Sébastien Gest a saisi le canon, tirant de son côté, Alexandra du sien, le canon s’est logiquement aussitôt refermé, et le coup est parti.

Aucun expert balistique, ni en première instance, ni en appel, n’a infirmé cette thèse, jugée tout à fait plausible. Pourtant, sans preuve, la thèse de l’accident a été écartée par la Cour qui a retenu l’homicide volontaire. Pourtant, devant une évidente scène de légitime défense, la Cour n’a pas accordé l’irresponsabilité pénale à Alexandra, comme prévue par l’article 122-5 du code pénal sur la légitime défense.

Le déni de justice est incontestable. Il repose sur une volontaire cécité de l’accusation quant à tous ces éléments techniques de reconstitution des faits. Il repose également sur une minimisation systématique des violences subies par Alexandra, allant jusqu’à la négation des violences les plus dures, des viols, des menaces de morts. L’accusation, suivie par le jury, a choisi de ne pas la croire, malgré les auditions des experts psychiatres qui ont dépeint une femme avec d’excellentes bases psychiques, n’ayant pas le profil d’une meurtrière.

Conclusion

Ce procès s’est donc déroulé dans une ambiance déplorable, avec le concours de la Présidente qui a laissé l’avocat général déborder tant qu’il le voulait, permettant par sa complaisance que soient tenus, dans l’enceinte d’un tribunal judiciaire, des propos intolérables, des prises à partie individuelles, des intimidations. Cela n’a évidemment pas été sans incidence sur le jugement, qui ne représente ni plus ni moins qu’un déni de justice, à contrepied total des faits établis et des expertises tant psychiatriques que balistiques. La réponse édifiante de l’expert balistique à l’avocat général pourrait résumer à elle seule ce grand écart entre objectivité scientifique et croyance patriarcale : “Je préfère encadrer des imprécisions plutôt que valider des théories fallacieuses” – sous-entendues les théories de M. Lemonnier.

L’expert reconnaissait ainsi qu’il y avait des imprécisions dans son expertise, directement liées aux incertitudes sur le déroulement des faits (incertitudes inhérentes à l’absence de témoins), mais que la thèse de l’accident était tout à fait plausible, et qu’il ne pouvait pas valider le parti pris improuvable de l’accusation, à savoir : l’homicide volontaire.

Nous avions l’an dernier assisté au procès en appel d’Adriana Sampaio ; l’ambiance était totalement différente : Adriana a été respectée, la Cour a donné du crédit à sa parole et l’avocat général s’est comporté dignement, même s’il n’a pas demandé l’acquittement qui a finalement été le jugement rendu par la Cour. Un procès sans brutalité, sans intimidation ni prise à partie.

Il est inadmissible que des représentants du Ministère public comme Patrice Lemonnier adoptent une telle posture de toute puissance, une attitude indigne, et ce au nom du peuple français qu’ils sont supposés représenter ! Les femmes représentent 52% de la population, mais nos intérêts à nous n’ont pas été représentés. Le procureur s’est fait le porte-parole – et le porte-flingue – d’un ordre patriarcal, d’une façon de penser à la fois sexiste et misogyne qui ne reconnaît pas aux femmes leur pleine humanité.

Au-delà de la tonalité inacceptable des débats auxquels nous avons assisté, ce procès est également symptomatique d’une culture, à rebours de la science et du savoir, qui favorise l’impunité des agresseurs et revictimise les femmes, en les condamnant pour avoir osé se défendre. Le Ministère public, tout comme le Conseil de l’ordre de la Magistrature, se doivent de profondément remettre en cause ces individus qui rendent un semblant de justice au nom d’une idéologie personnelle, et non pas au nom des intérêts de la société qu’ils sont pourtant chargés de défendre.

Nous en appelons à la responsabilité du Ministère de la Justice, qui doit condamner ces pratiques en rupture totale avec la politique pénale prioritairequi consiste à protéger les femmes victimes de violences, à reconnaître la valeur de leur parole et à ne pas les revictimiser, en rupture également avec les obligations découlant de la Convention Européenne des Droits Humains, à savoir mettre un terme à l’impunité des agresseurs et aux violences faites aux femmes.

Nous exigeons que la Loi sur l’égalité réelle entre les femmes et les hommes soit pleinement appliquée, loi qui prévoit notamment la formation initiale et continue des magistrats aux violences intrafamiliales, aux violences faites aux femmes et aux enfants ainsi qu’aux mécanismes d’emprise psychologique. Il est nécessaire qu’un budget spécifique soit alloué par le gouvernement afin de mettre en œuvre cette loi.

Nous demandons également, afin de pallier cette carence des magistrats, et ainsi que nous l’avons déjà expliqué dans notre tribune et pétition, que la loi sur la légitime défense soit clarifiée , et que la présomption de légitime défense prévue à l’article 122-6 du Code pénale soit étendue aux femmes victimes de violences conjugales, lorsqu’elles ont recours à une riposte qui donne lieu à la mort de leur bourreau. Aucune modification législative ne doit cependant se substituer à la formation des magistrats et à une condamnation claire par le Ministère de la Justice de ces graves écueils.

Claire Charlès, Les effronté-es

Léa Quedeville, Osez le féminisme !

Alexandra Richard a décidé de se pourvoir en cassation. Afin de la soutenir dans cette démarche, qui nécessite l’expertise d’un avocat spécialisé, vous pouvez participer à la cagnotte en ligne.

Vous pouvez également signer notre pétition pour une clarification de la loi sur la légitime défense.